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lundi 30 janvier 2012

Les FAI paieront pour la musique !

Voilà qui résume parfaitement la situation des télécoms dans notre pays ! Le financement d'un secteur à la traîne par les FAI, qui ne pourront pas investir ailleurs... assez pathétique !

A l'occasion du Midem de Cannes, le ministre de la Culture officialisera la signature d'un accord-cadre entre les différents acteurs de la filière musicale. Le document pose les jalons de la mise en place du Conseil national de la Musique et propose de faire contribuer les FAI sans pour autant accroître la pression fiscale sur eux.

Frédéric Mitterrand
Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand annoncera demain la mise en place d'un accord-cadre visant à mettre en place le Conseil national de la Musique (CNM). Cet organe aura le double objectif de soutenir la création musicale française mais également de fournir un ensemble de données chiffrées sur le secteur.

La mission de cette entité sera donc de permettre à l'ensemble des acteurs de la filière de se développer. En matière de numérique, le CNM tentera d'éviter que la tendance sur le marché ne soit à la concentration. En effet, la principale critique des professionnels s'attache au fait qu'une poignée d'acteurs (iTunes/Apple, Deezer/Orange) bénéficient d'une force de frappe qui laisse peu de places à d'autres structures moins solides.

Taxation des FAI mais pas de nouvelle taxe

Le CNM sera dans un premier temps chargé de centraliser l'ensemble des subventions actuellement accordées au secteur. Il sera ensuite en mesure de mieux les quantifier et de les rationaliser. De même, les fournisseurs d'accès à Internet seront également mis à contribution.

Toutefois, il ne s'agit pas de mettre sur pied une nouvelle taxe, nous précise-t-on. Aucune nouvelle pression fiscale ne sera imposée aux FAI mais suite au plafonnement des aides destinées au cinéma, une « dérivation » sera mise en place afin de soutenir la musique. Le CNM devrait ainsi percevoir grâce aux fournisseurs d'accès entre 70 et 95 millions d'euros par an si la mesure est décidée dans le cadre de la loi de Finances 2013.

L'accord-cadre précise également que le CNM regroupera l'ensemble des professionnels du secteur dans un centre d'études fonctionnant sur le modèle de l'actuel Centre national du Cinéma (CNC). Ainsi, la société civile tout comme les auteurs, compositeurs, producteurs, les sociétés de perception de droits, les plateformes notamment en ligne, les labels ou encore les disquaires feront partie du casting.

Autre corde à son arc, le CNM sera chargé d'apporter de données chiffrées sur toute la filière musicale. Il livrera des analyses fines, des expertises sur l'état du secteur. En définitive, ce « mini-Insee » de la musique fera office d'observatoire indépendant. Il sera ensuite à même d'éclairer les politiques publiques dans le domaine.

Le milieu politique sensible à la création du Conseil

Dans leurs programmes respectifs, UMP et PS soutiennent la mise en place du CNM. Lors d'un discours adressé à la Culture, Nicolas Sarkozy a rappelé son ambition d'adopter « dès février un COSIP musique », à savoir une taxe sur les fournisseurs d'accès pour financer le Conseil.

De même, lors de la convention UMP sur le thème de la Culture, le parti avait dans sa proposition 40 fait le choix de : « Faire contribuer les FAI au financement des industries de contenu autre que le cinéma, et dans un premier temps de la musique, sur le modèle du dispositif fiscal existant au bénéfice du COSIP (Compte de soutien à l'industrie de programmes). Cette nouvelle ressource sera gérée par le Centre National de la Musique (CNM) ».

De son côté, le candidat socialiste a simplement expliqué lors de la présentation de son programme qu'il « reprendra le chantier du CNM pour en faire un outil au service de la diversité culturelle ». Sur le volet purement numérique, le responsable du Pôle Medias du Parti a précisé cette idée en creusant l'idée de mettre en place une sorte de « guichet unique » chargé de négocier des droits d'auteurs avec les plates-formes de téléchargement.

mardi 6 décembre 2011

Quelle stratégie le câblo de Pierre Danon avec l’arrivée de Free Mobile ?

Que la bataille fut longue... l’acquisition de la 4e licence de téléphonie mobile par Free l’hiver dernier rebat les cartes d’un secteur qui a passé la dernière décennie à dormir tranquillement au coin du feu, après s’être tous (plus ou moins) mis d’accord sur le sacro saint forfait triple play à 30 euros, aujourd’hui mis à mal par la hausse de la TVA.



Les « gros » opérateurs, pour lesquels vous savez que je n’ai guère de tendresse, ont répliqué principalement sur le terrain du mobile, avec, en gros, la fin des engagements à perpétuité, le lancement d’offres low-cost (B&You, Sosh), ou de nouveaux services (Carré SFR). Moins visible mais tout aussi efficace, la sortie des offres quadriplay qu’eux seuls peuvent convenablement assurer.

Et les « petits », alors ? Il y a bien Alice, mais depuis son absorption (et quasi abandon) par Free, impossible de le tenir pour un acteur potentiel. Pourtant, iliad avait été tenté d’en jouer pour provoquer Numericable sur le terrain des offres triple play low-cost, avant de baisser pavillon sur une offre qui n’a pas trouvé son public. Pierre Danon précisait à ce sujet, qu’il s’agissait d‘une cible spécifique « ce ne sont pas des offres sociales mais des offres “low-costs” ciblées » , notamment ces personnes qui souhaitent avoir le très haut débit mais pas les chaînes du câblo. Orange avait également testé ce terrain des « BoP » (Bottom of the Pyramide) en vain.



Resterait donc Numericable, dont la stratégie basée sur la puissance technologique (qu’on l’aime ou pas, le câble bat à plate couture la fibre optique en termes d’usages) et la mise en avant de contenus TV (dont HD et 3D dans une moindre mesure). Une position qui joue la carte du vide laissé par les opérateurs historiques manifestement plus intéressés par la lutte sur le mobile et le 4P que sur la vitesse des connexions. Avec, ici et là, des tentations dans le mobile (buzz du printemps sur la « révolution du mobile »). Mais je serai Pierre Danon, je miserai tout de même la carte du câble, s’il peut paraître plus « daté » que la fibre, la stratégie de déploiement est plus fine. Et, pour l’instant, tient la dragée haute à la fibre.

dimanche 20 novembre 2011

Classement des FAI à Paris et en Province

Régulièrement, 01Net nous relaie le classement des FAI établi par IP-Label, les données de test sont massives et vous permettent de mieux choisir votre fournisseur !

La tendance globale observée sur les solutions triple play évaluées dans le cadre de notre comparatif est à la baisse. Quelques appels téléphoniques ayant échoué et des changements de chaîne n’ayant pas abouti à la réception du flux vidéo attendu expliquent en grande partie ce constat. L’accès à Internet conserve des performances assez stables. Bouygues Telecom a vu ses indices fortement impactés par un incident de longue durée, constaté au même instant sur deux abonnements.

mercredi 12 octobre 2011

Nouveau classement des FAI pour octobre

Voici le dernier classement en date des FAI et de leurs différents services : connexion web, qualité de la ligne téléphonique, SAV, et bugs rencontrés, dont vous retrouverez les détails sur 01Net.

La tendance générale observée sur les offres triple play évaluées est à la hausse. L’accès à Internet a, certes, été touché par des pertes de paquets assez importantes et des ratés trop nombreux lors des tentatives de récupération des messages électroniques, mais les services de VoIP et de télévision ont progressé, enregistrant moins d’échecs et proposant un excellent niveau de qualité.
Les incidents restent toutefois beaucoup plus fréquents que sur les services analogiques classiques.

mercredi 20 juillet 2011

Le classement des FAI est sorti !

Nouvelle fournée de données concernant les FAI et leurs classements respectifs sur plusieurs items, qui devrait vous aider à décider de changer ou de rester ! L'ensemble est à retrouver sur 01Net.

samedi 27 juin 2009

Hadopi pour les Nuls

Le projet de loi "Création et Internet", ou " loi Hadopi", a été adopté le 12 mai 2009 et censuré par le Conseil Constitutionnel le 10 juin 2009. Le 15 septembre, Hadopi 2 est à son tour adopté. "Riposte graduée", "Haute autorité": il est semé de plusieurs termes plus ou moins obscurs. Que signifient-ils et quelles mesures sont inscrites dans la loi ? Explications.



Pourquoi le nom de "Hadopi"?

Le "projet de loi Hadopi" tire son nom de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) qu'il instaurera. Cette Hadopi contrôlera et punira le cas échéant les internautes qui se livrent au téléchargement illégal.

Le texte avait auparavant été surnommé "projet de loi Olivennes", car il est issu des accords de l'Elysée, signés le 23 novembre 2007, qui s'appuient sur le rapport de Denis Olivennes. L'ex-PDG de la Fnac et actuel directeur de la publication du Nouvel Obs a mené, à l'automne dernier, une mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et pour le développement de l'offre culturelle légale sur Internet. Il avait alors auditionné tous les acteurs du secteur pour parvenir à cet accord.

Le projet de loi présenté en juin 2008 en Conseil des Ministres est finalement baptisé "Création et Internet".

En quoi consiste cette de loi?

La loi vise à enrayer le téléchargement illégal de musique et/ou de films. Pour ce faire, le texte institue un mécanisme de "riposte graduée ", sous la houlette de la Haute autorité administrative.

Lorsqu'un internaute téléchargera illégalement une oeuvre musicale ou cinématographique depuis Internet, il sera rappelé à l'ordre, d'abord par l'envoi de mails d'avertissement puis, en cas de récidive, d'une lettre recommandée, et enfin par la suspension, voire la résiliation de son abonnement Internet.

Quels sont les avantages de la "riposte graduée"?

Selon le ministère de la Culture, le transfert de responsabilités de filtrage et de sanction à l'Hadopi permettra un repérage plus rapide des internautes en infraction. Auparavant, seul le juge pouvait décider d'une sanction à l'encontre des pirates.

De plus, le fait de recevoir des rappels à l'ordre permettrait, toujours selon le ministère, d'arrêter les comportements de piratage occasionnel. Selon l'un des conseillers de Christine Albanel, alors ministre de la Culture, "la future loi s'appuie sur les réussites qui ont déjà été constatées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne (...) Dans ces pays, une grande majorité des pirates arrêtent les téléchargements illégaux après deux ou trois avertissements". Le nouveau ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a repris le projet de loi.


Pourquoi le texte a-t-il fait polémique ?

Les opposants sont nombreux : associations d'internautes, de citoyens, députés européens et français, avocats... Le magazine SVM a également lancé une pétition en ligne contre le texte. Ils jugent la mesure de suspension de l'accès à Internet "disproportionnée", puisqu'elle impliquerait une "mort sociale électronique" de l'internaute visé par la sanction.

Le Parlement Européen a, de son côté, voté le 10 avril 2008 une résolution qui "invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l'Homme et avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion, telles que l'interruption de l'accès à l'Internet."

En France, la CNIL et l'Arcep se sont également prononcées contre ce projet de loi. L'Arcep arguant que le principe de "riposte graduée" plaçait les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) en contradiction avec plusieurs textes existants (obligation de "garantir un accès ininterrompu aux services d'urgence" par exemple).

jeudi 12 mars 2009

Les opérateurs télécoms historiques pourraient voir leur valorisation augmenter de 27% à l'horizon 2015

Plusieurs éléments en faveur du secteur dans cette belle étude de prospective

* Le succès du "Triple-Play" va permettre aux opérateurs de télécoms d’enrayer le déclin du nombre de lignes fixes, de maintenir leur revenu moyen par utilisateur et de préserver, par la consolidation du secteur, leur rentabilité.
* Un opérateur parvenant à réduire de moitié ses pertes de lignes sur 2008-2015 verrait sa valorisation augmenter de 27%. Certains opérateurs européens ont déjà prouvé que c’est possible.
* Les opérateurs fixes européens ont une opportunité de 4 Mrds€ de revenus à l’horizon 2015 dans les contenus et les services liés à la télévision du futur. Cette opportunité peut apporter un point additionnel de croissance annuelle moyenne au chiffre d’affaires fixe des opérateurs historiques sur 2008-2015.
* Le contexte économique actuel ouvre une fenêtre d’opportunité pour les opérateurs qui seront plus résilients que leurs coopetiteurs (équipementiers, acteurs internet). Ainsi, les atouts techniques et commerciaux des opérateurs télécoms joueront a plein dans un contexte de crise grâce a des partenariats ad hoc.


Avec l’essor du mobile, le chiffre d’affaires « lignes fixes » des opérateurs de télécoms semblait voué au déclin. La huitième étude annuelle commune de Arthur D. Little - Exane BNP Paribas sur les opérateurs de télécoms publiée ce jour révèle, qu’au contraire, le fixe va cesser de perdre du terrain, grâce aux offres « triple-play » qui permettent aux utilisateurs de bénéficier d'un accès Internet haut débit, du téléphone et de la télévision par Internet. Le « triple-play » donne la possibilité de résister aux nouvelles menaces telles la substitution des lignes fixes par le haut débit mobile et la concurrence des acteurs de la télévision payante (câble et satellite).

L’étude, réalisée dans 17 pays européens auprès de 83 entreprises, démontre que développer la télévision du futur constitue pour les opérateurs historiques la meilleure arme pour défendre leur activité « fixe ». En outre, le « triple-play » pousse à la consolidation du secteur, avec un effet bénéfique pour les opérateurs en terme de rentabilité.

Les opérateurs de télécoms ont désormais l’opportunité de tirer parti de leurs atouts techniques et commerciaux, à condition qu’ils choisissent les bons alliés, qu’ils s’engagent dans une politique mesurée de distribution de contenu et qu’ils se rapprochent des modes de consommation de l’Internet.

« Les opérateurs de télécoms peuvent devenir les leaders du développement de la télévision de demain » estime Jean-Luc Cyrot, co-auteur du rapport « mais ils ne devront pas se reposer sur leurs seuls atouts historiques. Une stratégie industrielle de la box associée à une offre de services et contenus innovante sera nécessaire pour aborder cette nouvelle ère de leur développement ».

La réussite et les promesses du "triple-play"

En Europe, malgré la forte croissance du haut débit sur le fixe, les revenus issus des lignes fixes des opérateurs ont décliné en moyenne de 2 à 3% par an en raison de la diminution du nombre de lignes fixes : -5,7% par an depuis 2005, du fait de deux facteurs : 1) la substitution de la téléphonie fixe par la téléphonie mobile, par 20% des ménages en moyenne en Europe, et 2) les pertes de part de marché des opérateurs historiques au profit des concurrents utilisant le dégroupage et des câblo-opérateurs.

L’arrivée du « triple-play » change la donne. De plus en plus, les utilisateurs tiennent à conserver leur ligne fixe pour le haut débit ce qui, dans des pays comme le Portugal, la Suède et l’Autriche, a enrayé le déclin des lignes fixes.

Le développement du « triple-play » a également conduit à une consolidation du secteur, notamment en France : acquisitions de Cegetel, AOL et Club Internet par Neuf Telecom racheté par SFR, de Tele2 par SFR, et de Alice par Iliad. Ceci s’est traduit par un redressement du revenu moyen par utilisateur (ARPU), une stabilisation des parts de marché des opérateurs et, in fine, une amélioration de leur rentabilité.

« La diminution du nombre de lignes fixes devrait ralentir ces prochaines années ce qui rend très optimiste sur la valorisation boursière du secteur. Par exemple, un opérateur historique, qui diviserait par deux le rythme de ses pertes de lignes fixes sur 2008-2015, verrait sa valorisation augmenter de 27% » souligne Antoine Pradayrol, analyste financier en charge de l’équipe Opérateurs télécoms chez Exane BNP Paribas.

Le pari du contenu : TV payante et "light premium"

A l’horizon 2015, le chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs historiques en Europe dans la télévision payante, la vidéo à la demande (VOD) et la publicité pourrait représenter près de 4 Mds€ soit 7% de leurs revenus actuels (2,7€ mensuel par ligne fixe). Cette évolution permettrait aux opérateurs d’améliorer leur chiffre d’affaires « lignes fixes » de 1% en moyenne par an sur la période 2008-2015 ce qui compenserait en partie la baisse de 2% à 3% par an observée actuellement.

La télévision payante représenterait environ les deux tiers de cette opportunité de croissance, les opérateurs historiques pouvant espérer capter de 10 à 30% des abonnés à la télévision payante selon les pays. En revanche, les marchés encombrés de la VOD et de la publicité, bien qu’en forte expansion, ne représenteraient pour les opérateurs qu’une part plus faible de ce triptyque gagnant.

Investir dans des contenus exclusifs ou « high premium » (offre quasi exhaustive en contenu de première catégorie tel que cinéma et football) serait, selon l’étude Arthur D. Little - Exane BNP Paribas, une stratégie très risquée car la base de clients des opérateurs ne permettra pas d’amortir les coûts très élevés de ces contenus. Les auteurs de l’étude concluent aussi qu’une stratégie visant à coupler contenus « high premium » et accès haut débit pour mieux rentabiliser les contenus a peu d’avenir, notamment au vu de la réglementation restreignant l’exclusivité des contenus comme au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

La solution gagnante serait une stratégie visant à packager du contenu de valeur dit « light premium » (sélection exclusive de contenu à un coût de 15-25% de l’investissement moyen d’une stratégie ‘high-premium’) et à développer des services interactifs autour de ces contenus. Cette stratégie moins capitalistique serait à la fois différenciatrice pour les opérateurs et génératrice d’ARPU.

Comment les opérateurs peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ?

Concurrencés par les acteurs de l’Internet et les équipementiers sur leurs points forts traditionnels (qualité de service, infrastructures de serveurs, richesse de contenus sur tous les supports), « les opérateurs de télécoms doivent nouer des alliances pour développer des services innovants autour du contenu à l’instar de ce que font aux Etats-Unis des câblo-opérateurs comme Comcast ou des acteurs du satellite comme DishTV » précise Franck Herbaux, Directeur Média, Arthur D. Little Paris.

Au travers de partenariats avec les différents acteurs de l’écosystème télécoms-médiatechnologie, les opérateurs ont tous les atouts pour prendre en main le développement de la TV du futur. Sous réserve cependant qu’ils mettent en oeuvre des services faciles d’emploi, innovants et attractifs comme la « catch-up TV » (un système qui permet de revoir des émissions à la demande) ou encore le guide de programme interactif. Il leur faudra également améliorer l’ergonomie et le catalogue de leurs services vidéos, et déployer des plates-formes et des forces de vente pour proposer une publicité ciblée et locale.

Ces alliances peuvent se nouer avec des leaders de l’Internet, des éditeurs de logiciels et des équipementiers comme les fabricants de téléviseurs et de consoles de jeux qui apportent leurs compétences en développement et en ergonomie. Une telle démarche proactive permettra aux opérateurs d’écarter la menace de banalisation de leurs services d’accès.

Moins affectés que les autres secteurs par la crise économique, grâce à leurs revenus récurrents et à leur marge de manoeuvre en termes de coûts et d’investissements, les opérateurs de télécoms présentent pour ces « partenaires experts » des avantages indiscutables : ils apportent l’accès au réseau, la maîtrise de leur box et surtout leur relation de proximité avec l ‘utilisateur issue du service client et de la facturation.

« Paradoxalement, la crise que nous connaissons actuellement offre aux opérateurs le temps de s’organiser car elle ralentira les plans de développement des leaders de l’Internet tout comme ceux des équipementiers » annonce Didier Lévy, Directeur Télécom, Arthur D. Little Paris.

Des disparités locales

L’étude 2009 de Arthur D. Little – Exane BNP Paribas note que les dépenses par foyer en Europe ne sont actuellement que de 50€ par mois dans le « triple-play » (30€ seulement en France), contre 70€ par mois aux Etats-Unis. Dans des pays comme le Portugal ou les Pays- Bas, on devrait assister à une croissance des revenus des lignes fixes pour les opérateurs historiques. « En revanche, la situation est plus difficile en Allemagne et au Royaume-Uni, où les opérateurs de télécoms sont menacés par des câblo-opérateurs ou des opérateurs de diffusion par satellite comme le britannique BSkyB » conclut Antoine Pradayrol.