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lundi 19 mars 2012

Très haut-débit : Pierre Danon contre le « dogme de la fibre optique jusqu’au paillasson »

Les nouveaux usages numériques, promis par la qualité croissante de nos réseaux, commencent à ressentir les limites des choix technologiques faits ici et là. La TV HD, largement démocratisée, peine déjà à suivre la mesure. Les nouveaux usages, depuis la télémédecine jusqu’à la télé en trois dimensions (TV 3D) ou le télétravail, nécessiteront toujours plus d’investissement.

Mais quelle technologie choisir alors que la France est, toujours, parmi les derniers de la classe en termes de pénétration du très haut débit.




Médiatiquement, c’est clairement la « fibre optique », comprendre la technologie FTTH qui permet de faire arriver la fibre jusqu’au domicile des abonnés, qui tient la corde. Dans les chiffres, c’est la technologie dite du « câble » ou FTTLA (la fibre arrive au pied de l’immeuble). En France, les derniers chiffres connus font état au troisième trimestre de 600 000 abonnés au très haut débit, dont 425 000 par cet accès (175 00 par FTTH). Comment expliquer cette distorsion ?



Pierre Danon, aux commandes de plusieurs opérateurs européens, dont Volia à Kiev, évoque un « dogme de la fibre optique jusqu’au paillasson ». Egalement vice-chairman de TDC à Copenhague, il souligne que, là-bas, l’opérateur a pu en optant pour une fibre poussée en profondeur, mais sans aller jusqu’au paillasson, offrir de 30 à 50 Mbits à plus de 50% de la population. En France, ajoute Pierre Danon, ce dogme du paillasson a un prix : 30 milliards d’euros, « qu’on n’a pas », car « cet investissement n’est pour l’instant pas rentable ». Fort heureusement, l’Arcep fait évoluer la réglementation avec une technologie de complément qu’on appelle VDSL.

Pierre Danon : grand entretien sur les télécommunications from IDPI on Vimeo.



Autre problème, le (mauvais) partage territorial de la fibre optique, qui pour le moment, à l’instar du déploiement des dernières technologies mobiles, ne se fait qu’en ville. La comparaison de ces deux cartes (le FTTH développé par le privé et par le public) laisse songeur pour les habitants des régions, sans parler de ceux des îles qui ne sont pas prêts d’en voir le début.



Quelque soit le mode de déploiement des technologies de connexion à l'Internet, il faut se demander comment seront impactées les populations. Des modèles différents engendrent des coûts - et donc des ciblages par les opérateurs ou la puissance publique - différents.

Christian.

samedi 29 octobre 2011

Quid de la sécurité des télécoms en entreprise ?

Il existe deux grands types de fraude liés aux télécoms, l'un consiste à pirater les lignes téléphoniques de l'entreprise à l'international, l'autre à pirater le système d'information en pénétrant par les systèmes télécoms. Les exemples sont éloquents et coûteux.



Les entreprises se font pirater leurs lignes à l'international à destination de pays d'Afrique, d'Asie ou des Balkans. Dans un cas, c'est l'Afghanistan. Alerté l'opérateur de l'entreprise coupe les appels vers ce pays, trois jours après elle est piratée vers le Timor ! (facture : 32 000 euros !). L'entreprise est pénalisée, gravement, et son opérateur reste impuissant. Avec le Minitel, on pouvait couper, là on ne peut pas interdire l'international. Quant à la facture ... un cas relevé par la Ficome se monte à 600 000 euros.

Plus inquiétant encore, les télécoms servent aux pirates à s'introduire dans le système d'information de l'entreprise. « On constate une méconnaissance des risques liés aux systèmes télécoms » note Guy Têtu, délégué général de la Ficome, « l'informatique s'est développée avec ses règles de sécurité, mais personne n'a vu que les autocoms sont devenus de véritables ordinateurs avec des disques durs. Ce sont des passerelles vers le système d'information. On se retrouve maintenant avec des entreprises qui, soit ignorent les politiques de sécurité, soit observent une politique qui s'arrête aux systèmes information et ne concerne pas les télécoms ».

Silvano Trotta reçu à sa demande

Que faire ? Le président de la Ficome, Silvano Trotta, a été reçu, à sa demande, par la Befti, la Brigade d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information, une unité spécialisée de la Préfecture de Police de Paris, pour évoquer un partenariat en échangeant sur cette situation préoccupante afin de résoudre cette problématique.

La Ficome va centraliser les demandes faites aux constructeurs de matériels pour renforcer la sécurité de ces derniers, ainsi qu'aux opérateurs pour augmenter le niveau d'alerte tout en continuant d'organiser les séminaires de sécurité avec le concours de la Befti de la Préfecture de Police qui est prête à intervenir afin d'apporter ses témoignages, ses expériences et ses conseils.

« Sur Internet existe tout ce qui est nécessaire pour pirater une entreprise », souligne Guy Têtu. Un vide juridique qui répond au vide des politiques de sécurité pour les télécoms. La Ficome conseille ainsi de vérifier si toutes les fonctionnalités sont bien utiles aux utilisateurs (messagerie vocale, renvois d'appel, accès à l'international, etc.), si ces mêmes utilisateurs observent les règles de sécurité de leurs terminaux télécoms (identifiants et mots de passe), si l'entreprise procède à des audits réguliers pour ses télécoms et s'est assurée pour ce type de fraude.

vendredi 3 juin 2011

Télécoms : 6 mesures en faveur des consommateurs

Ce mercredi 1 juin, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat chargé de la Consommation, a présenté lors du conseil des ministres son projet de loi destiné à renforcer la protection des consommateurs. Les télécoms, et particulièrement le secteur de la téléphonie mobile, sont ainsi visés par une série de mesures. Le secrétaire d’Etat s’est en effet appuyé sur les plaintes adressées à la DGCCRF (1) pour élaborer son projet. Or 20 % des réclamations mettent en cause un opérateur de télécoms. Voici la synthèse de 01Net.



Le projet de loi compte mettre fin aux dysfonctionnements grâce à six mesures. Aucune d'entre elles n’est vraiment nouvelle, toutes ont déjà été évoquées dans le cadre d'un précédent projet de loi ou d’accords signés avec les opérateurs. Aucune ne mettra fin non plus aux périodes d'engagement de 24 mois, que l’UFC-Que choisir veut faire interdire. Dans un communiqué, l’association a d’ailleurs qualifié ce texte de « petit bras ».

Le projet de loi sera examiné au début du mois de juillet par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Frédéric Lefebvre souhaite que la loi soit adoptée avant la fin de l’année.

Le désimlockage gratuit dès trois mois d'abonnement

Le consommateur doit actuellement patienter six mois pour obtenir gratuitement le déblocage de son mobile et ainsi pouvoir l’utiliser sur les réseaux d’autres opérateurs. Le projet de loi souhaite ramener ce délai à trois mois. L’envoi du code de déblocage se fera de la façon que choisira le client (SMS, e-mail, courrier postal). Le texte est ainsi censé rendre les clients moins captifs de leur opérateur, qui sera d'ailleurs tenu de leur proposer une offre sans engagement.
Des alertes pour prévenir des dépassements de forfait

Les opérateurs vont devoir mettre en place des dispositifs d’alerte pour que leurs clients soient informés s'ils dépassent leur forfait dans les différents services qu'ils utilisent (voix, SMS et Internet), qu’ils soient en France ou à l’étranger. Ceux-ci pourront aussi fixer une limite à leur consommation, au-delà de laquelle le service en question sera bloqué. Le secrétaire d’Etat souhaite ainsi mettre fin aux « chocs de facturation ». Dans cet esprit, il souhaite aussi que chacun paie le prix le plus juste en fonction de ses habitudes de consommation. Les opérateurs devront donc, au minimum une fois par an, informer leurs clients sur les offres plus adaptées à leur profil.

Mentionner les restrictions liées aux offres dites « illimitées » et « 24 h/24 »

Plutôt que d’interdire l’emploi du terme « illimité » – critiqué depuis longtemps pour son caractère trompeur –, le gouvernement souhaite seulement que les opérateurs soient plus clairs sur les restrictions imposées. Elles devront figurer sur toutes les publicités, en « caractères de taille suffisamment importante pour assurer la bonne visibilité pour le consommateur ». De plus, un arrêté va rendre obligatoire la mention des motifs légitimes de résiliation dans tous les contrats.

Un véritable espace de gestion et d’information en ligne

Les opérateurs devront mettre en ligne dans leur espace clients une liste d’informations et de documents tels que les conditions générales de vente, le guide tarifaire et le prix des services hors forfait. L’abonné devra aussi y trouver un historique de sa consommation des derniers mois ainsi que la durée pour laquelle il est encore engagé. Un outil devra lui permettre d’évaluer la somme à verser s’il décide de se désengager.

Un tarif social pour l’accès à Internet

Un tarif social a déjà été mis en place pour la téléphonie mobile. Il s'agit d'offres proposant un minimum de 40 minutes de communications et de 40 SMS pour un montant maximal de 10 euros par mois. Le projet de loi est censé résoudre les problèmes qui freinent son élargissement à l’Internet haut débit. Les opérateurs pourront signer une convention avec l’Etat afin de proposer des offres triple play de moins de 32 euros (le tarif moyen actuel). Le gouvernement ne fixe pas de tarif plus précis.
Des offres de téléphonie mobile adaptées aux malentendants

Quatre millions de personnes souffrent d’un handicap auditif en France. Les opérateurs seront obligés d'intégrer à leur catalogue une offre qui leur soit adaptée, c’est à dire sans voix, comprenant seulement des SMS et l’Internet mobile.


(1) Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

dimanche 3 avril 2011

Moins de plainte contre les FAI... sauf sur le web mobile !

Alors que les principaux FAI viennent de publier leurs indicateurs de qualité de service pour le 4e trimestre, l'Afutt (l'Association française des usagers de télécommunications) vient de dévoiler son traditionnel baromètre des plaintes télécoms pour l'année 2010.

Le résultat des courses est globalement encourageant. En effet, le nombre global de plaintes a reculé de 16% sur un an pour atteindre 4800 saisines alors que le nombre total d'abonnés fixes et mobiles a progressé de plus de 5%. Les progrès ont été particulièrement notables du côté de l'Internet fixe.

Progrès chez Free

Après avoir représenté près de 60% des plaintes enregistrées il y a quelques années, l'ADSL a concentré l'an passé 46% des plaintes. L'Association souligne les efforts des opérateurs et l'assimilation plus grande de la technologie par les utilisateurs.

Du côté du classement des FAI, SFR et Orange rassemblent 60% des plaintes. Free, systématiquement en queue de peloton dans les précédents bilans semble avoir fait pas mal d'efforts puisqu'il a compté en 2010 moins de plaintes que SFR. Ce dernier semble avoir souffert des débuts difficiles de sa box Evolution.

Si la situation dans le haut débit s'est améliorée, celle dans le mobile s'est dégradée. Depuis 2007, le nombre de plaintes déposées à l'Afutt bondi (+3% sur un an) et atteint 42% du total en 2010 contre 34% en 2009 et environ 20% en 2007.

Les explications ne sont pas à aller chercher très loin. L'essor de l'Internet mobile, de la 3G et des smartphones a généré quelques débordements de la part des opérateurs et des incompréhensions de la part des utilisateurs.

Selon l'Afutt, ce sont les problèmes de surfacturation (18% du total) qui suscitent le plus de réclamations, notamment autour de numéros surtaxés et du roaming. L'association dénonce ainsi "l'ambiguïté des offres" des opérateurs, à savoir des forfaits illimités trompeurs.

Selon Jacques Pomonti, président de l'Afutt, cité par Les Echos, si le pourcentage de clients mécontents est assez identique chez Orange, SFR et Bouygues Telecom, il est plus élevé chez les MVNO (opérateurs virtuels).

Source : ZD Net

mardi 29 mars 2011

Les telcos chinois déjà en Europe


Un aperçu de Réseaux-Télécoms sur l'arrivée des télécoms Chinois en Europe... à méditer !

ZTE annonce un chiffre d'affaires en croissance de 20% pour 2010. L'équipementier chinois publie un chiffre d'affaires de 10,6 milliards de dollars pour l'année 2010. Cela représente une augmentation de 21% par rapport à 2009. Le bénéfice net de la société s'élève à 491 millions de dollars, en hausse de 32% par rapport à 2009.

Dans le détail, ZTE attire l'attention sur le fait que son chiffre d'affaires est en hausse de 50% aux Etats Unis et en Europe. Sur le marché chinois, le chiffre d'affaires s'est élevé à 4,9 milliards soit une croissance annuelle de 6%. ZTE explique cette augmentation grâce à l'expansion de la 3G et aux marchés CDMA et WCDMA. ZTE a aussi enregistré une croissance de 50% sur le marché des réseaux d'entreprise et des réseaux d'organismes gouvernementaux. Durant 2010, ZTE a commencé à fournir, aux trois opérateurs nationaux chinois, d'importants volumes d'équipements tels que le T8000 et le M6000.

A l'international, le chiffre d'affaires est en hausse de 28%, atteignant 5,8 milliards de dollars. Cela représente 54% du total des produits d'exploitation. Pour la première fois, ZTE souligne que les marchés européen et américain représentent la plus grande part du chiffre d'affaires à l'international. Ils ont enregistré une croissance annuelle de 50%, soit 21% du total des revenus d'exploitation.

Les produits systèmes de ZTE ont été lancés sur des marchés européens haut-de-gamme comme l'Allemagne, la Belgique, la Hongrie et l'Autriche. Des accords commerciaux ont également été négociés avec de grands opérateurs tels que France Telecom, MTN en Afrique du Sud, America Movil, KPN et Hutchison. ZTE fournit désormais ses terminaux aux quatre principaux opérateurs des Etats-Unis et au marché japonais. Ses ventes annuelles atteignent 90 millions d'unités. ZTE indique se classer ainsi parmi les cinq premiers fournisseurs du monde.

L'équipementier entend délivrer une stratégie orientée sur le Cloud et les circuits intégrés en 2011. ZTE a déposé 1863 demandes de brevet internationaux. ZTE détient 7% des brevets LTE de l'industrie, ce qui placerait la société parmi les cinq principaux fournisseurs d'équipements de télécommunication du monde. En 2011, ZTE entend renforcer ses parts sur son marché intérieur et sur le marché international en intensifiant ses relations avec des opérateurs de grande envergure et en évoluant d'un engagement stratégique vers une coopération stratégique.

ZTE développera les marchés LTE et veut se renforcer sur les smartphones de haut de gamme. Ce coup d'accélérateur va nécessiter de concentrer « sur le recrutement et la formation de personnel hautement qualifié » reconnaît Hou Weigui, président de ZTE.

A l'occasion de l'annonce de ses résultats, ZTE indique l'arrivée d'un nouveau directeur France, Chen Liang. Il sera en charge de la définition de la stratégie et des grandes orientations pour l'hexagone. Chen Liang a commencé sa carrière longue de 10 ans chez ZTE en tant que responsable commercial sur les zones Europe de l'Est et Moyen-Orient entre 2003 et 2005. Il a rejoint ZTE en Allemagne en 2005 où il a été directeur de projet jusqu'en 2006, période au cours de laquelle il a travaillé avec Vodafone et Deutsche Telekom. Il a été ensuite directeur des ventes de terminaux pour les zones Asie, Pacifique et marchés émergents avant de devenir directeur général de la business unit ZTE Vodafone en Allemagne. Chen Liang devra développer le réseau de partenaires ZTE et la présence de la marque sur le marché français.

mardi 28 septembre 2010

Les télécoms toujours en ligne !

«Le secteur va un peu mieux depuis un an avec un frémissement d’embauches chez les opérateurs grâce aux offres d’Internet sur téléphonie mobile»,constate Patrick Devriendt, directeur du département «signal et télécommunication» de l’ESME Sudria. Si les effectifs restent stables chez Bouygues Telecom, SFR annonce 550 recrutements pour 2011, tandis que France Télécom-Orange table sur 10000 embauches sur les trois prochaines années, dont 40% de jeunes diplômés.



Les postes. Ils concernent d’abord les métiers commerciaux mais aussi ceux des sciences de l’information et des réseaux. Depuis quelques années, les métiers des télécommunications ont évolué vers une convergence des télécommunications traditionnelles et des systèmes d’informations. Les écoles d’ingénieurs se sont adaptées comme l’explique Patrick Devriendt : «Avant notre formation était très technique. Nous l’avons orientée vers l’exploitation des réseaux de télécommunications avec une touche de marketing et de commerce pour que nos élèves trouvent plus facilement un emploi». Les doubles cursus ingénierie et marketing sont d’avantage sollicités par les opérateurs télécoms qui recherchent des personnes capables d’allier qualités techniques et relationnelles, de piloter des projets et de sentir les attentes de la clientèle.

Les projets. Du côté des SSII,les sociétés de services en ingénierie informatiques, après deux années de crise, les recrutements sont à la hausse. Depuis 2010, elles se voient confier à nouveau de grands projets. Ces sociétés sont des prestataires de services et elles ont besoin de regonfler leurs rangs. Elles constituent l’un des principaux débouchés pour les diplômés des télécoms, issus d’écoles d’ingénieurs ou d’universités scientifiques. Pour l’année 2011 Capgemini/Sogeti vient d’annoncer 3000 embauches sur l’ensemble des corps de métiers dont 40% qui seront destinées aux jeunes diplômés. Ces chiffres devraient être revus à la hausse.

Le recrutement. L’habitude est aussi au recrutement de stagiaires, plus particulièrement dans l’entité télécommunications du groupe où 750 stages au moins devraient être proposés l’an prochain. Pour Vincent Charon, chasseur de tête au sein du cabinet spécialisé Alpha CDI, il faut néanmoins rester attentif aux opportunités offertes par les plus petites SSII : «Les perspectives d’évolution verticales y sont plus rapides qu’au sein de grands groupes. En revanche dans une plus grande société de services ou chez un opérateur, les projets traités sont plus vastes et permettent ainsi aux jeunes diplômés d’acquérir d’avantage de compétences.» Qu’elles soient de tailles imposantes ou plus modestes, les SSII constituent une voie d’accès à ne pas négliger selon Patrick Devriendt de l’ESME Sudria. «Chez un prestataire, on ne fait pas carrière mais cela vous apporte des compétences. Nous conseillons à nos élèves d’y rester deux ou trois ans avant de tenter l’intégration dans une grande entreprise».

La formation. La tendance est à l’intégration de profils variés, tant universitaires que diplômés d’écoles d’ingénieurs. L’apprentissage peut être un moyen d’entrer chez un grand opérateur. Chez SFR, un tiers des apprentis finit par intégrer l’entreprise. Un Bac + 2 sera demandé pour les fonctions commerciales et un Bac + 5 pour les fonctions techniques. Le salaire varie de 22 à 26 000 euros par an pour un technicien d’intervention ou un vendeur en boutique et il peut grimper jusqu’à 47 000 euros par an pour un ingénieur réseau.

Les qualifications. Pour Emmanuel Stanislas dirigeant du cabinet de recrutement Clémentine international : «la question de l’école ne se pose pas tant sur l’expertise que sur la capacité à évoluer et prendre des responsabilités». Plus la qualification est élevée, plus le jeune diplômé aura de chances d’évoluer rapidement. L’ouverture à l’international sera également appréciée. Les équipementiers telecoms ont tendance à délocaliser leurs productions dans des pays émergents comme l’Inde ou la Chine. Du coup, les déplacements à l’étranger sont fréquents.

L’avenir du métier. La déferlante d’Internet laisse présager une convergence entre les télécommunications et le numérique. Les métiers des télécoms pourraient en être affectés, ils souffrent déjà d’une image désuète. La question se pose même au sein des écoles d’ingénieurs. «On ne peut plus parler d’ingénieurs télécoms comme on en parlait il y a 10 ans, constate Patrick Devriendt de l’ESME Sudria. On peut se demander si dans quelque temps il n’y aura pas que l’Internet».

Source : Libération

vendredi 25 juin 2010

Vers une bulle des télécoms en Afrique ?

Après les périodes fastes des monopoles dans le secteur de la téléphonie fixe, puis celles de l’ouverture à la concurrence et de l’avènement de la téléphonie mobile et autres offres haut débit dans les pays développés, on assiste actuellement à une bulle des télécoms en Afrique avec des valorisations importantes des licences et des opérateurs (Polyconseil)

La situation dans les pays dits développés

Face à la concurrence et à l’affluence des offres Internet, notamment avec le succès des terminaux mobiles (clés 3G+, Smartphones, Ipad…), les opérateurs n’ont pas beaucoup de marges de manœuvre pour augmenter leurs ventes. La pression concurrentielle risque de peser de plus en plus sur les chiffres d’affaires et marges des opérateurs. D’autant plus qu’avec l’arrivée de ces terminaux et d’usages de plus en plus consommateurs en bande passante, les pays développés vont être confrontés à de lourds investissements pour pallier à cette demande croissante en haut débit (fixe et mobile) et à cette saturation des réseaux.

Pour faire face à l'explosion du trafic internet mobile, les opérateurs militent pour un changement de la répartition des financements des réseaux et souhaitent impliquer les distributeurs. Ils sont prêts à remettre en cause le principe de neutralité du net et des réseaux en restreignant par exemple les accès ou en proposant des abonnements à différentes vitesses.


L’Afrique, le nouvel Eldorado ?

L'Afrique, qui compte un milliard d'habitants mais seulement 90 millions d'internautes, soit un taux de pénétration de 9%, a connu ces 10 dernières années une explosion du marché des télécoms. Entre 2003 et 2008, la croissance du marché de la téléphonie mobile et de l’Internet a été deux fois plus importante que celle enregistrée au niveau mondial (certes, avec une réelle disparité en fonction des pays). Le secteur télécoms en Afrique est aujourd’hui surtout celui de la téléphonie mobile. En effet, l’Afrique demeure le continent où tout reste à faire en matière d'accès au haut débit. D’ailleurs, des initiatives sont déjà engagées en Afrique de l'Ouest, de l'Est et Australe pour développer l'accès à Internet et mieux raccorder l'Afrique au reste du monde (ACE, SEACOM, EASSY,…).






Les fusions /acquisitions en plein essor

Les télécommunications ont pris une importance significative dans l’économie de la plupart des pays africains. Ce secteur est une source de croissance économique et de développement. Avec l'abandon progressif des monopoles d'Etat et la privatisation du secteur des télécoms, les opérateurs privés se livrent à une surenchère et sont parvenus à créer une bulle financière. Un élément révélateur de cette bulle : le marché des fusions et acquisitions pour le secteur des télécommunications est en plein essor et attise de plus en plus les groupes Indiens et du Moyen Orient :

* Bharti Airtel a dépensé près de 8 milliards d'euros pour s'emparer des actifs africains du koweïtien Zain
* MTN et Orascom tentent un rapprochement tout comme Reliance et Etisalat ...

Note : avec 21 implantations africaines, France Télécom a réalisé 4,3 milliards de dollars de CA en 2009 et se dit prêt à accélérer le processus de fusion – acquisition en Afrique.

Toutefois, en plus des risques inhérents à la règlementation du pays et aux aspects socio-politiques, les risques financiers liés à ces investissements ne sont pas à négliger. En effet, malgré des profits élevés, les opérateurs n’échappent pas à la réalité du besoin en liquidité (nécessaire aux investissements). La première phase d’acquisition et de croissance en Afrique amorcée en 1995 s’est soldée par un endettement important des investisseurs. Compte tenu du coût des licences et des investissements nécessaires, les opérateurs télécoms ont eu besoin de nouveaux capitaux pour faire face aux dettes souscrites pour l’achat de la licence et des investissements réalisés.

Quelques exemples :

* Zain : Après avoir dépensé 3,4 milliards de dollars en 2005 en rachetant l’ensemble des filiales africaines du groupe Celtel, le groupe Zain souhaite revendre toutes ses filiales africaines pour réduire sa dette de 5,4 milliards de dollars et envisage de se désengager de ses filiales africaines.
* Burkina-Faso : Les licences de 3 opérateurs de téléphonie mobile - CELTEL, TELECEL et TELMOB - arrivaient à échéance fin mai 2010. Ces derniers ont dû s’acquitter d’une nouvelle redevance de plus de 40 millions d’euros (pour info : 4 millions d'abonnés à la téléphonie mobile au Burkina-Faso en 2010 pour environ 16 millions d'habitants)
* Gabon : Maroc Telecom qui détient depuis 2007 51% de Gabon Telecom, l’opérateur historique, est aujourd’hui confronté aux problèmes de mise à niveau du réseau data et mobile et doit par ailleurs effectuer un réaménagement de ses activités. L’opérateur a, à cet effet, lancé en 2009 une mesure drastique de restructuration de ses effectifs.

Conclusion

La nouvelle phase d’acquisition surfe sur cette vague de surévaluation des licences avec l’explosion de la data mobile et l’émergence de réseaux à Haut débit sans fil. Le besoin de financement à court terme ne remet nullement en cause l’attrait des grands groupes pour ce continent, certains proposant déjà d’autres modèles économiques pour diminuer ces investissements (ex. partages des actifs entre opérateurs). Enfin, compte tenu du faible taux de pénétration de l’Internet haut débit et le développement de nouveaux usages mobiles, il semblerait que la croissance des télécoms en Afrique ait encore de beaux jours.

jeudi 18 février 2010

La privatisation des opérateurs télécoms en Afrique avance

Le continent représente à la fois un marché prometteur et l’un des derniers réservoirs d’opérateurs publics susceptibles d’ouvrir leur capital aux investisseurs. Sont-ils tous attrayants ? Enquête de Jeune Afrique.



Maroc Télécom aurait-il décroché le dernier pompon des télécommunications, avec les 51 % du malien Sotelma acquis en juillet 2009 pour 275 millions d’euros ? Avant lui, Orange s’est emparé de 51 % de Telkom Kenya pour 390 millions de dollars en décembre 2007, et Vodafone de 70 % de Ghana Telecom en juillet 2008 pour 900 millions de dollars. Aucune autre compagnie publique n’a fait depuis l’objet d’une cession de capital ou d’une valorisation aussi importante. Pourtant, il existe encore plus d’une vingtaine de compagnies publiques du nord au sud de l’Afrique. Certes, toutes n’ont pas le même pouvoir de séduction aux yeux des investisseurs. Toutes ne sont pas disposées non plus à ouvrir leur capital. Mais sur un marché qui arrive à maturité dans de nombreux pays africains, les opérations de croissance externe sont l’un des moyens les plus rapides pour augmenter son capital de clients.

Courant 2009, au moins quatre opérateurs ont amorcé un processus de privatisation – qui devrait donc se conclure a priori en 2010 : Bénin Télécoms, Nitel au Nigeria, Zamtel en Zambie et Onatel au Burundi. Principaux atouts des opérateurs publics, leurs infrastructures filaires, le monopole qu’ils exercent sur le gateway – les appels à l’international – et leur activité mobile suscitent les convoitises de certains.

Indiens et Russes sur les rangs

Zamtel, qui affichait 100 millions de dollars de chiffres d’affaires en 2008, a déjà engagé la cession de 75 % de son capital conduite par l’Agence zambienne de développement. Un deuxième tour d’enchères est en cours, quatre postulants ont d’ores et déjà été retenus, qui ont remis leurs offres le 23 décembre 2009 : le groupe public indien BSNL, l’angolais Unitel et le libyen Lap Green, rejoints en dernière minute par un groupe d’investissements russe, Altimo. Le plus offrant l’emportera. À lui seul, l’audit confié à Capital RP, basé aux îles Caïman et chargé d’évaluer les actifs, a coûté 2 millions de dollars. Mais le gouvernement refuse d’en dévoiler la teneur. Volonté de ne pas révéler la valeur exacte de l’opérateur à la vente ? « Les investisseurs ont quand même une idée de ce qu’ils achètent », estime Thecla Mbongue, du cabinet d’études Informa Telecom, basé au Cap. De façon générale, « le repreneur pense plus à ce qu’il peut faire de la compagnie qu’à ce qu’elle vaut vraiment ».

Dans cette optique, l’opérateur nigérian pourrait enfin trouver preneur. « Nitel est le seul à avoir fixé un calendrier, souligne Thecla Mbongue… même s’il n’est pas respecté », ajoute-t-elle. L’échéance de l’appel d’offres a été différée à deux reprises. Dernier report en date, le 27 janvier, qui a fixé la dead­line au 15 février 2010. « Ils en sont toujours à la short list, précise l’analyste, mais ils acceptent encore de nouveaux soumissionnaires. »

À l’inverse, le mystère plane sur la privatisation de Bénin Télécoms, dont Désiré Adadja, ministre de la Communication, a affirmé à plusieurs reprises depuis juillet 2009 qu’elle aurait lieu « bientôt ». Un consortium de cabinets conseil a même été chargé d’accompagner le processus de privatisation et de lui remettre un rapport d’audit préalable sur la compagnie avant la fin de l’année 2009. Résultat : 2010 est entamée et rien n’a filtré du rapport. Rien non plus du premier appel d’offres lancé en novembre, clos en décembre dernier. « Jusqu’à présent, les postulants sont restés inconnus », confirme Binta Drave, analyste au sein de la banque d’investissement Exotix, basée à Londres. On n’en sait pas davantage sur le calendrier du processus. Quant à l’Onatel, un avis d’appel d’offres pour l’audit de ses comptes a été publié en novembre 2009, clos le 28 décembre.

Poids relatif de la dette

Seule certitude, tous ces opérateurs sont lourdement endettés. 200 millions de dollars plombent Zamtel. Quant à Bénin Télécoms, il peine à quantifier sa dette. Nitel ne paye pas ses employés depuis des mois et n’a toujours pas réglé ses frais d’interconnexion à MTN. « Dans les télécoms, la dette en tant que telle n’est pas le problème, tranche Guy Zibi, fondateur d’AfricaNext, société de consulting. La question porte surtout sur la capacité de l’entreprise à générer du cash-flow pour la rembourser. » Un rapport récent estime ainsi que le futur repreneur de Zamtel pourra gagner 15 % de parts de marché en six ans et passer de 160 000 à 1,8 million d’abonnés. Mais il y a urgence, de l’avis d’un expert : « Zamtel et Nitel ne survivront pas longtemps en l’état. »

Plus déterminante que la dette, la stabilité politique du pays conditionne l’attractivité de la vente. Les investisseurs, du moins les plus prudents, ne se bousculent pas vraiment au portillon de TelOne au Zimbabwe, de Sotelgui en Guinée ou de Sotel Tchad. Et la vacance à la tête de la présidence nigériane risque de freiner la cession de Nitel. Mais rien n’est jamais définitif. Le 2 février, l’éthiopien ETC a confié la gestion de son management au français Sofrecom. Une première étape avant une entrée au capital ?

Reste le camp des irréductibles, les États qui se refusent à céder leur opérateur, jugé « stratégique ». « Les Algériens et les Égyptiens ne privatiseront pas », tranche ainsi Albert Fondop-Fonkam, patron de Fonsali et Cie, active dans la banque d’affaires. En 2006, un coup d’arrêt brutal a été donné à l’ouverture amorcée d’Algérie Télécom, qui, pour le coup, intéressait nombre d’investisseurs. Pour Laurent Benzoni, fondateur associé du cabinet conseil Tera Consultants, « privatiser est avant tout une décision politique ».

Mais « la privatisation n’est pas la panacée, juge Guy Zibi. Certaines compagnies n’en ont pas besoin ». Et de citer BTC au Botswana et TDM au Mozambique, « efficaces au plan opérationnel et rentables ». La recette de leur succès ? La bonne gouvernance…

Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Télécoms : grand vent de privatisations à l'horizon | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

vendredi 29 janvier 2010

Une "mafia" des télécoms ?

Attention, tribune au vitriol vue sur ZD NET !

Les réseaux sont au cœur de l’innovation des infrastructures et des usages de l’informatique professionnelle et grand public ; c’est un thème que je traite souvent sur mon blog, ici ou là, par exemple.

Il m’arrive souvent, trop souvent, de constater que les comportements de certains acteurs du monde des télécoms et des réseaux sont scandaleux, proches de ceux de la mafia en matière d’extorsion de fonds.

Ces actions ont comme résultats immédiats de ralentir ou empêcher des usages «normaux» des réseaux ; il faut donc tout faire pour les éradiquer le plus vite possible.

J’avais, il y a deux ans, attaqué les tarifs abusifs pour des accès Wi-Fi dans les hôtels haut de gamme ; ceci m’avait valu une réponse rapide et positive de l’opérateur incriminé qui avait baissé le prix journalier de 60 % dans toute l’Europe.

Il existe encore, hélas, trop d’exemples de ces comportements inadmissibles et je vais en fustiger deux, que j’ai vécu récemment.

Revevol souhaite participer au salon «Cloud Computing» qui va se dérouler les 5 et 6 mai 2010 au CNIT de la Défense, près de Paris. Comme chacun le sait, c’est un «désert technologique» où les accès aux réseaux sont très difficiles !

C’est en tout cas le sentiment que donne la société qui gère ce lieu d’exposition. Les faits :

- Je demande à l’organisateur de ce salon les conditions financières pour un stand ; le tarif proposé est classique et raisonnable.
- Je rappelle qu’il s’agit d’un salon consacré au Cloud Computing ; je pose quand même la question de savoir quels accès Internet sont disponibles sur le stand et pour les visiteurs ; les réponses sont pour le moins surprenantes :
- Il n’y a pas d’accès Internet prévu dans le package exposant, il faut prendre un abonnement séparé auprès du CNIT.
- Il n’y a pas de réseaux Wi-Fi disponibles pour les visiteurs, qu’ils soient payants ou gratuits.

Je me renseigne sur les tarifs de ces accès, pour les deux journées du salon, et j’ai eu la très mauvaise surprise de recevoir une liste de tarifs démentiels, et le mot n’est pas trop fort.
Petit rappel : il s’agit de la Défense, au cœur de l’activité économique de la région parisienne, et nous sommes en 2010, pas en 1990.

Oui, vous avez bien lu :
Acoustic coupler - On ose encore proposer des accès à 128 Kbit/s : génial pour réaliser des démonstrations spectaculaires de solutions Cloud Computing !

- Les prix pratiqués sont scandaleux. Si je prends une ligne à 2 Mbit/s, ce qui est aujourd’hui un minimum ridicule, et le maximum disponible, j’obtiens un coût pour deux journées de 1255 €, soit :

Prenons une comparaison simple : je dispose à mon domicile, sur l’un de mes accès ADSL, d’une capacité mesurée de 17 Mbits/s au prix, classique, de 30 €/mois.
Un calcul simple me donne un prix de revient du Mbit/s/jour :

La comparaison des deux prix est édifiante :

Le Mbit/s - jour au CNIT est ... 15 700 fois plus cher que chez moi !

J’espère que le nouveau Président de l’EPAD, qui gère la Défense, lira ce blog et prendra des mesures énergiques pour faire cesser ce scandale.

A quel prix faut-il proposer l’accès haut débit au CNIT ? 0 € !

La réponse est fournie par les deux conférences Cloud Computing auxquelles j’ai participé en novembre 2009 à San Francisco ; l’accès Wi-Fi y était gratuit pour les exposants et pour les visiteurs.

La Défense = Record du monde (A homologuer au Guinness ?) du tarif le plus élevé du haut débit pour les salons professionnels ?

J’ai envie de leur proposer une nouvelle campagne de publicité :

«Venez exposer chez nous, au CNIT - La Défense ;
nous vous garantissons le tarif haut débit mafieux
le plus élevé du monde !»

J’ai bien sûr pensé à utiliser mon réseau sans fil 3G, mais :
- L’exposition a lieu dans des salles en sous-sol où la couverture 3G n’est pas assurée.
- Aucun opérateur téléphonique n’a pensé, n’a osé installer des antennes intérieures pour proposer un service «normal» à leurs milliers de clients qui visitent ces salons professionnels.

Ceci assure une transition naturelle vers mon deuxième exemple.

Ce deuxième cas est encore plus scandaleux, car il touche des millions de personnes dans le monde.

Forfait Orange 1 Go Comme beaucoup, j’ai souscrit à un abonnement 3G lorsque je me suis équipé d’un iPhone, ce qui n’a rien de très original.
Le tarif, non négocié, pour une utilisation «illimitée» est d’environ 30 € / mois, ce qui revient à 1 € / jour ; cher, mais pas scandaleux.
Ce tarif «illimité» donne en pratique droit à 1Go/mois, soit environ 30 Mo/jour.

En faisant l’hypothèse que ma consommation est proche de cette limite, je paie donc 3 centimes le Mo téléchargé.

1 Mo = 3 centimes d’euros

Poste frontière espa J’allais oublier : ce tarif est uniquement disponible dans le pays où j’ai souscrit mon abonnement !
Que se passe-t-il quand je passe une frontière, pour aller par exemple en Espagne ?

Une étude récente d’UFC-Que choisir donne la réponse : le prix pratiqué par les opérateurs varie entre 5 et 9 € par Mo. Mon opérateur favori, Orange, est lui à 9 €.
En prenant un prix moyen de 7 €, un calcul très «compliqué» me montre que :

Mo en déplacement = 233 fois plus cher qu’en local
De qui se moque-t-on ?
Là où cela devient encore plus incroyable, c’est que l’opérateur qui me rançonne en Espagne est... Orange, celui chez qui j’ai pris mon abonnement en France !

Mobile roaming Oui, je sais :
- Il est très «compliqué» de gérer les échanges entre opérateurs internationaux, surtout si l’on reste chez le même !
- Le coût des réseaux internationaux est très supérieur à celui des réseaux du pays d’Origine. Surprenant, si l’on constate qu’un Espagnol qui vient en France se fait rançonner de la même manière qu’un Français en Espagne.
- Au moins, nous sommes tous égaux devant ce scandale.

A combien peut-on estimer le coût, réel, pour les opérateurs de la re-facturation mensuelle des services de roaming internationaux qu’ils se rendent mutuellement ? 10 % ? 20 % ?
Soyons généreux et acceptons l’hypothèse de 20 %, auquel je suis prêt à rajouter une confortable marge commerciale de 30 % pour service rendu.
Avec ces hypothèses, j’arrive à un prix du Mo en roaming international proche de 5 centimes d’euros.

Il est maintenant facile de calculer de combien doit baisser le prix du roaming international :

Réduction coût roaming international :
7 € vers 5 centimes/€ = 140 fois
Les responsables de la concurrence à Bruxelles ont récemment prix des décisions pour faire baisser le prix du roaming pour les SMS, bravo.

Mafia deconnection Je viens de leur faciliter le travail en leur donnant la réponse à leur prochaine action à mener contre la mafia des opérateurs de réseaux mobiles de roaming international pour les accès Internet.

Etonnez-vous après que beaucoup d'entreprises bloquent les usages «données» lors des déplacements internationaux, ce qui est «excellent» pour leur efficacité et leur productivité.

Guide Hotel Wi-Fi gratuit paris Heureusement que la majorité des smartphones et autres objets mobiles peuvent aussi fonctionner sur des réseaux Wi-Fi dont les tarifs sont de plus en plus raisonnables. L’immense majorité des hôtels où je loge en déplacement fournissent maintenant un accès Wi-Fi gratuit dans les chambres et les halls d’accueil.
C’est d’ailleurs la première question que je pose en faisant une réservation.

Borsellino-attentat-une Nous ne pouvons plus accepter que les accès à des réseaux haut débit, indispensables pour assurer le fonctionnement de toutes les entreprises, restent encore soumis à des comportements aussi scandaleux de la part des fournisseurs.

Ces mafias nationales, CNIT, ou internationales, réseaux d’opérateurs mobiles, doivent d’urgence être mise hors d’état de nuire !

Qui aura le courage de s’y attaquer ?

vendredi 18 décembre 2009

Fusion dans les écoles spécialisées "télécoms"


2010 commencera sur les chapeaux de roue pour les Ecoles des mines et l’Institut Télécom. Fin janvier, leur tutelle désormais commune, le CGIET (Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies) doit rendre à la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, une étude de faisabilité sur le regroupement de toutes les écoles au sein d’une entité juridique unique. Ce nouvel Institut pourrait voir le jour en 2012.

« Il n’est pas question de fusionner des établissements, prévient Christophe Digne, chef de la mission de tutelle des écoles, mais de trouver une organisation pertinente pour développer les synergies entre elles, au service d’une stratégie commune. » Aujourd’hui, l’Institut Télécom et les six écoles des mines (1) accueillent plus de 11 000 étudiants et délivrent plus de 3 300 diplômes par an.

La fusion des corps

Depuis la fusion des corps des mines et des télécoms début 2009, le rapprochement des écoles des mines et des télécoms est devenue un chantier d’importance au sein du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi. Un rapport d’étape paru à l’automne dresse les contours de ce nouvel Institut unique et donne les raisons de sa mise en place. Ainsi, même si les Ecoles des mines et des télécoms sont des acteurs reconnus de l’enseignement supérieur français avec « des marques bien établies », leur tutelle souhaite franchir une nouvelle étape. Une volonté justifiée par « le renforcement prévisible de l’intensité de la compétition dans l’enseignement supérieur et la recherche pour attirer les meilleurs enseignants-chercheurs et étudiants et la nécessité d’optimiser les moyens publics et de faire face à une concurrence accrue sur l’accès aux financements privés ».

Vers « un jeu plus collectif »

Dans ce contexte, le rapport note les points faibles des établissements, notamment des effectifs « assez faibles » et un fonctionnement en réseau insuffisamment organisé entre les écoles des mines elles-mêmes et entre les écoles des mines et des télécommunications. « Aucun cadre n’existe véritablement pour mettre en œuvre les synergies souhaitables en matière de recherche et de formation entre les deux ensembles d’écoles », analyse le CGIET qui en appelle à un « jeu plus collectif ».

Le nouvel Institut fonctionnerait sur un principe de subsidiarité. « Le niveau groupe doit prendre en charge seulement ce qu’il peut mieux faire que les écoles prises individuellement », souligne le rapport. A savoir la gestion des ressources humaines, la définition d’une stratégie de recherche et d’une stratégie internationale, l’appui à l’innovation pédagogique, la communication. Pour Christophe Digne, « un institut unique est particulièrement pertinent sur le volet recherche. » Il pourrait identifier plus facilement les convergences thématiques entre les deux ensembles d’écoles.

Néanmoins, « bâtir un projet commun ne doit en aucun cas conduire à un repli sur la seule appartenance à leur groupe », assure le rapport. Une logique de rapprochement qui n’irait pas à l’encontre des politiques de site dans lesquelles les écoles sont parties prenantes. La « présence forte » des écoles au sein de ParisTech est jugée d’ « un intérêt stratégique majeur », tout comme le développement d’autres partenariats Mines-Télécoms en région.

L’autonomie des établissements en débat

Pour arriver à faire fonctionner l’Institut, le rapport demande le maintien du soutien financier du ministère de l’Economie et l’élaboration de contrats d’objectifs et de moyens entre celui-ci et les sept établissements sur la période 2011-2015. L’objectif fixé en parallèle à la nouvelle structure : atteindre un taux de financement de ses activités sur ressources propres de 40 % d’ici 2015.

Dernier volet à trancher : l’autonomie des établissements. Christophe Digne se veut rassurant : « dans le cadre de l'étude de faisabilité, la réflexion porte sur les questions de gouvernance de l'institut, dans lequel les écoles doivent conserver une large autonomie d'action ». Les écoles des mines ne disposent pas aujourd’hui de compétences totalement élargies au sens de la loi LRU, sur la gestion des ressources humaines et le patrimoine immobilier, entre autres. Des compétences que pourraient prendre en charge le nouvel Institut. Reste un point sensible : le statut des personnels auquel Christine Lagarde demande de porter une « attention particulière ». Forte de l’expérience de sa consoeur Valérie Pécresse sans doute…

(1) L’Institut Télécom comprend Télécom ParisTech, Télécom Bretagne, Télécom SudParis, Télécom Ecole de management mais aussi Télécom Lille 1 et Eurecom et des écoles associées comme Télécom Saint-Etienne et l’ENSPS. Il existe des écoles des mines à Paris, Saint-Etienne, Albi, Alès, Douai et Nantes. L’école des mines de Nancy est, elle, sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur.

vendredi 30 octobre 2009

Et si les télécoms n'existaient pas ? Un livre à lire !


Et si les télécoms n'existaient pas… il faudrait les inventer !

Bien au-delà des anecdotes de la vie quotidienne autour d'Internet et des « portables », le rôle des télécoms ne cesse de croître dans le développement des pays, de la société, et des entreprises. A travers des éclairages multiples, recourant à l’économie et à la technologie mais aussi à l’histoire et à la sociologie, les auteurs, spécialistes reconnus du secteur, mettent en exergue la richesse des télécommunications.



Le parti pris audacieux de l’ouvrage est de situer les télécoms dans la 3e révolution industrielle, celle de l’ère numérique, comme un équivalent de ce que fut la vapeur et le chemin de fer pour la première révolution industrielle. Il montre comment les technologies de l’information et de la communication (TIC), devenues incontournables dans notre univers économique, structurent de plus en plus l’évolution des autres secteurs (teléservices, télémédecine, etc.).

Enfin, les auteurs proposent d’explorer quelques pistes de réflexions, alertes et profondes à la fois, sur des tendances clés associées aux télécoms, par exemple : comment réduire la fracture numérique ? Quels sont les nouveaux usages sociétaux induits par les TIC ? ou bien encore quel est leur impact sur le développement des pays émergents ?

A retrouver chez Pearson

samedi 27 juin 2009

Hadopi pour les Nuls

Le projet de loi "Création et Internet", ou " loi Hadopi", a été adopté le 12 mai 2009 et censuré par le Conseil Constitutionnel le 10 juin 2009. Le 15 septembre, Hadopi 2 est à son tour adopté. "Riposte graduée", "Haute autorité": il est semé de plusieurs termes plus ou moins obscurs. Que signifient-ils et quelles mesures sont inscrites dans la loi ? Explications.



Pourquoi le nom de "Hadopi"?

Le "projet de loi Hadopi" tire son nom de la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) qu'il instaurera. Cette Hadopi contrôlera et punira le cas échéant les internautes qui se livrent au téléchargement illégal.

Le texte avait auparavant été surnommé "projet de loi Olivennes", car il est issu des accords de l'Elysée, signés le 23 novembre 2007, qui s'appuient sur le rapport de Denis Olivennes. L'ex-PDG de la Fnac et actuel directeur de la publication du Nouvel Obs a mené, à l'automne dernier, une mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et pour le développement de l'offre culturelle légale sur Internet. Il avait alors auditionné tous les acteurs du secteur pour parvenir à cet accord.

Le projet de loi présenté en juin 2008 en Conseil des Ministres est finalement baptisé "Création et Internet".

En quoi consiste cette de loi?

La loi vise à enrayer le téléchargement illégal de musique et/ou de films. Pour ce faire, le texte institue un mécanisme de "riposte graduée ", sous la houlette de la Haute autorité administrative.

Lorsqu'un internaute téléchargera illégalement une oeuvre musicale ou cinématographique depuis Internet, il sera rappelé à l'ordre, d'abord par l'envoi de mails d'avertissement puis, en cas de récidive, d'une lettre recommandée, et enfin par la suspension, voire la résiliation de son abonnement Internet.

Quels sont les avantages de la "riposte graduée"?

Selon le ministère de la Culture, le transfert de responsabilités de filtrage et de sanction à l'Hadopi permettra un repérage plus rapide des internautes en infraction. Auparavant, seul le juge pouvait décider d'une sanction à l'encontre des pirates.

De plus, le fait de recevoir des rappels à l'ordre permettrait, toujours selon le ministère, d'arrêter les comportements de piratage occasionnel. Selon l'un des conseillers de Christine Albanel, alors ministre de la Culture, "la future loi s'appuie sur les réussites qui ont déjà été constatées aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne (...) Dans ces pays, une grande majorité des pirates arrêtent les téléchargements illégaux après deux ou trois avertissements". Le nouveau ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a repris le projet de loi.


Pourquoi le texte a-t-il fait polémique ?

Les opposants sont nombreux : associations d'internautes, de citoyens, députés européens et français, avocats... Le magazine SVM a également lancé une pétition en ligne contre le texte. Ils jugent la mesure de suspension de l'accès à Internet "disproportionnée", puisqu'elle impliquerait une "mort sociale électronique" de l'internaute visé par la sanction.

Le Parlement Européen a, de son côté, voté le 10 avril 2008 une résolution qui "invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l'Homme et avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion, telles que l'interruption de l'accès à l'Internet."

En France, la CNIL et l'Arcep se sont également prononcées contre ce projet de loi. L'Arcep arguant que le principe de "riposte graduée" plaçait les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) en contradiction avec plusieurs textes existants (obligation de "garantir un accès ininterrompu aux services d'urgence" par exemple).

vendredi 29 mai 2009

Que pèse le marché mondial des télécoms en 2009 ?

Services, équipements, fibre, mobile... Comment se portent les différents secteurs des télécoms dans le contexte économique actuel ? L'institut Idate publie son étude annuelle Digiworld avec les chiffres de marché les plus récents.

Les dépenses dans les technologies de l'information et de la communication résistent bien à la crise économique mondiale. En 2008, elles ont dépassé les mille milliards de dollars dans les quinze pays de la zone euro, à 1 020 milliards de dollars. La zone euro se rapproche des Etats-Unis, où 1 061 milliards de dollars ont été dépensés en 2008. Même cas de figure en Asie, où la Chine (327 milliards de dollars) rattrape le Japon (351 milliards de dollars).



Le secteur des services télécoms a progressé de 4,2 % en 2008, à 997 milliards d'euros. Une croissance inférieure de deux points à celle de 2007. Le marché des équipements, quatre fois plus petit, affiche une croissance sensiblement supérieure depuis deux ans, puisqu'il augmente de près de 8 % en 2008, à 232 milliards d'euros.



Plus de détails sur le Journal du Net

jeudi 12 mars 2009

Les opérateurs télécoms historiques pourraient voir leur valorisation augmenter de 27% à l'horizon 2015

Plusieurs éléments en faveur du secteur dans cette belle étude de prospective

* Le succès du "Triple-Play" va permettre aux opérateurs de télécoms d’enrayer le déclin du nombre de lignes fixes, de maintenir leur revenu moyen par utilisateur et de préserver, par la consolidation du secteur, leur rentabilité.
* Un opérateur parvenant à réduire de moitié ses pertes de lignes sur 2008-2015 verrait sa valorisation augmenter de 27%. Certains opérateurs européens ont déjà prouvé que c’est possible.
* Les opérateurs fixes européens ont une opportunité de 4 Mrds€ de revenus à l’horizon 2015 dans les contenus et les services liés à la télévision du futur. Cette opportunité peut apporter un point additionnel de croissance annuelle moyenne au chiffre d’affaires fixe des opérateurs historiques sur 2008-2015.
* Le contexte économique actuel ouvre une fenêtre d’opportunité pour les opérateurs qui seront plus résilients que leurs coopetiteurs (équipementiers, acteurs internet). Ainsi, les atouts techniques et commerciaux des opérateurs télécoms joueront a plein dans un contexte de crise grâce a des partenariats ad hoc.


Avec l’essor du mobile, le chiffre d’affaires « lignes fixes » des opérateurs de télécoms semblait voué au déclin. La huitième étude annuelle commune de Arthur D. Little - Exane BNP Paribas sur les opérateurs de télécoms publiée ce jour révèle, qu’au contraire, le fixe va cesser de perdre du terrain, grâce aux offres « triple-play » qui permettent aux utilisateurs de bénéficier d'un accès Internet haut débit, du téléphone et de la télévision par Internet. Le « triple-play » donne la possibilité de résister aux nouvelles menaces telles la substitution des lignes fixes par le haut débit mobile et la concurrence des acteurs de la télévision payante (câble et satellite).

L’étude, réalisée dans 17 pays européens auprès de 83 entreprises, démontre que développer la télévision du futur constitue pour les opérateurs historiques la meilleure arme pour défendre leur activité « fixe ». En outre, le « triple-play » pousse à la consolidation du secteur, avec un effet bénéfique pour les opérateurs en terme de rentabilité.

Les opérateurs de télécoms ont désormais l’opportunité de tirer parti de leurs atouts techniques et commerciaux, à condition qu’ils choisissent les bons alliés, qu’ils s’engagent dans une politique mesurée de distribution de contenu et qu’ils se rapprochent des modes de consommation de l’Internet.

« Les opérateurs de télécoms peuvent devenir les leaders du développement de la télévision de demain » estime Jean-Luc Cyrot, co-auteur du rapport « mais ils ne devront pas se reposer sur leurs seuls atouts historiques. Une stratégie industrielle de la box associée à une offre de services et contenus innovante sera nécessaire pour aborder cette nouvelle ère de leur développement ».

La réussite et les promesses du "triple-play"

En Europe, malgré la forte croissance du haut débit sur le fixe, les revenus issus des lignes fixes des opérateurs ont décliné en moyenne de 2 à 3% par an en raison de la diminution du nombre de lignes fixes : -5,7% par an depuis 2005, du fait de deux facteurs : 1) la substitution de la téléphonie fixe par la téléphonie mobile, par 20% des ménages en moyenne en Europe, et 2) les pertes de part de marché des opérateurs historiques au profit des concurrents utilisant le dégroupage et des câblo-opérateurs.

L’arrivée du « triple-play » change la donne. De plus en plus, les utilisateurs tiennent à conserver leur ligne fixe pour le haut débit ce qui, dans des pays comme le Portugal, la Suède et l’Autriche, a enrayé le déclin des lignes fixes.

Le développement du « triple-play » a également conduit à une consolidation du secteur, notamment en France : acquisitions de Cegetel, AOL et Club Internet par Neuf Telecom racheté par SFR, de Tele2 par SFR, et de Alice par Iliad. Ceci s’est traduit par un redressement du revenu moyen par utilisateur (ARPU), une stabilisation des parts de marché des opérateurs et, in fine, une amélioration de leur rentabilité.

« La diminution du nombre de lignes fixes devrait ralentir ces prochaines années ce qui rend très optimiste sur la valorisation boursière du secteur. Par exemple, un opérateur historique, qui diviserait par deux le rythme de ses pertes de lignes fixes sur 2008-2015, verrait sa valorisation augmenter de 27% » souligne Antoine Pradayrol, analyste financier en charge de l’équipe Opérateurs télécoms chez Exane BNP Paribas.

Le pari du contenu : TV payante et "light premium"

A l’horizon 2015, le chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs historiques en Europe dans la télévision payante, la vidéo à la demande (VOD) et la publicité pourrait représenter près de 4 Mds€ soit 7% de leurs revenus actuels (2,7€ mensuel par ligne fixe). Cette évolution permettrait aux opérateurs d’améliorer leur chiffre d’affaires « lignes fixes » de 1% en moyenne par an sur la période 2008-2015 ce qui compenserait en partie la baisse de 2% à 3% par an observée actuellement.

La télévision payante représenterait environ les deux tiers de cette opportunité de croissance, les opérateurs historiques pouvant espérer capter de 10 à 30% des abonnés à la télévision payante selon les pays. En revanche, les marchés encombrés de la VOD et de la publicité, bien qu’en forte expansion, ne représenteraient pour les opérateurs qu’une part plus faible de ce triptyque gagnant.

Investir dans des contenus exclusifs ou « high premium » (offre quasi exhaustive en contenu de première catégorie tel que cinéma et football) serait, selon l’étude Arthur D. Little - Exane BNP Paribas, une stratégie très risquée car la base de clients des opérateurs ne permettra pas d’amortir les coûts très élevés de ces contenus. Les auteurs de l’étude concluent aussi qu’une stratégie visant à coupler contenus « high premium » et accès haut débit pour mieux rentabiliser les contenus a peu d’avenir, notamment au vu de la réglementation restreignant l’exclusivité des contenus comme au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

La solution gagnante serait une stratégie visant à packager du contenu de valeur dit « light premium » (sélection exclusive de contenu à un coût de 15-25% de l’investissement moyen d’une stratégie ‘high-premium’) et à développer des services interactifs autour de ces contenus. Cette stratégie moins capitalistique serait à la fois différenciatrice pour les opérateurs et génératrice d’ARPU.

Comment les opérateurs peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ?

Concurrencés par les acteurs de l’Internet et les équipementiers sur leurs points forts traditionnels (qualité de service, infrastructures de serveurs, richesse de contenus sur tous les supports), « les opérateurs de télécoms doivent nouer des alliances pour développer des services innovants autour du contenu à l’instar de ce que font aux Etats-Unis des câblo-opérateurs comme Comcast ou des acteurs du satellite comme DishTV » précise Franck Herbaux, Directeur Média, Arthur D. Little Paris.

Au travers de partenariats avec les différents acteurs de l’écosystème télécoms-médiatechnologie, les opérateurs ont tous les atouts pour prendre en main le développement de la TV du futur. Sous réserve cependant qu’ils mettent en oeuvre des services faciles d’emploi, innovants et attractifs comme la « catch-up TV » (un système qui permet de revoir des émissions à la demande) ou encore le guide de programme interactif. Il leur faudra également améliorer l’ergonomie et le catalogue de leurs services vidéos, et déployer des plates-formes et des forces de vente pour proposer une publicité ciblée et locale.

Ces alliances peuvent se nouer avec des leaders de l’Internet, des éditeurs de logiciels et des équipementiers comme les fabricants de téléviseurs et de consoles de jeux qui apportent leurs compétences en développement et en ergonomie. Une telle démarche proactive permettra aux opérateurs d’écarter la menace de banalisation de leurs services d’accès.

Moins affectés que les autres secteurs par la crise économique, grâce à leurs revenus récurrents et à leur marge de manoeuvre en termes de coûts et d’investissements, les opérateurs de télécoms présentent pour ces « partenaires experts » des avantages indiscutables : ils apportent l’accès au réseau, la maîtrise de leur box et surtout leur relation de proximité avec l ‘utilisateur issue du service client et de la facturation.

« Paradoxalement, la crise que nous connaissons actuellement offre aux opérateurs le temps de s’organiser car elle ralentira les plans de développement des leaders de l’Internet tout comme ceux des équipementiers » annonce Didier Lévy, Directeur Télécom, Arthur D. Little Paris.

Des disparités locales

L’étude 2009 de Arthur D. Little – Exane BNP Paribas note que les dépenses par foyer en Europe ne sont actuellement que de 50€ par mois dans le « triple-play » (30€ seulement en France), contre 70€ par mois aux Etats-Unis. Dans des pays comme le Portugal ou les Pays- Bas, on devrait assister à une croissance des revenus des lignes fixes pour les opérateurs historiques. « En revanche, la situation est plus difficile en Allemagne et au Royaume-Uni, où les opérateurs de télécoms sont menacés par des câblo-opérateurs ou des opérateurs de diffusion par satellite comme le britannique BSkyB » conclut Antoine Pradayrol.