Plusieurs éléments en faveur du secteur dans cette belle étude de prospective
* Le succès du "Triple-Play" va permettre aux opérateurs de télécoms d’enrayer le déclin du nombre de lignes fixes, de maintenir leur revenu moyen par utilisateur et de préserver, par la consolidation du secteur, leur rentabilité.
* Un opérateur parvenant à réduire de moitié ses pertes de lignes sur 2008-2015 verrait sa valorisation augmenter de 27%. Certains opérateurs européens ont déjà prouvé que c’est possible.
* Les opérateurs fixes européens ont une opportunité de 4 Mrds€ de revenus à l’horizon 2015 dans les contenus et les services liés à la télévision du futur. Cette opportunité peut apporter un point additionnel de croissance annuelle moyenne au chiffre d’affaires fixe des opérateurs historiques sur 2008-2015.
* Le contexte économique actuel ouvre une fenêtre d’opportunité pour les opérateurs qui seront plus résilients que leurs coopetiteurs (équipementiers, acteurs internet). Ainsi, les atouts techniques et commerciaux des opérateurs télécoms joueront a plein dans un contexte de crise grâce a des partenariats ad hoc.
Avec l’essor du mobile, le chiffre d’affaires « lignes fixes » des opérateurs de télécoms semblait voué au déclin. La huitième étude annuelle commune de Arthur D. Little - Exane BNP Paribas sur les opérateurs de télécoms publiée ce jour révèle, qu’au contraire, le fixe va cesser de perdre du terrain, grâce aux offres « triple-play » qui permettent aux utilisateurs de bénéficier d'un accès Internet haut débit, du téléphone et de la télévision par Internet. Le « triple-play » donne la possibilité de résister aux nouvelles menaces telles la substitution des lignes fixes par le haut débit mobile et la concurrence des acteurs de la télévision payante (câble et satellite).
L’étude, réalisée dans 17 pays européens auprès de 83 entreprises, démontre que développer la télévision du futur constitue pour les opérateurs historiques la meilleure arme pour défendre leur activité « fixe ». En outre, le « triple-play » pousse à la consolidation du secteur, avec un effet bénéfique pour les opérateurs en terme de rentabilité.
Les opérateurs de télécoms ont désormais l’opportunité de tirer parti de leurs atouts techniques et commerciaux, à condition qu’ils choisissent les bons alliés, qu’ils s’engagent dans une politique mesurée de distribution de contenu et qu’ils se rapprochent des modes de consommation de l’Internet.
« Les opérateurs de télécoms peuvent devenir les leaders du développement de la télévision de demain » estime Jean-Luc Cyrot, co-auteur du rapport « mais ils ne devront pas se reposer sur leurs seuls atouts historiques. Une stratégie industrielle de la box associée à une offre de services et contenus innovante sera nécessaire pour aborder cette nouvelle ère de leur développement ».
La réussite et les promesses du "triple-play"
En Europe, malgré la forte croissance du haut débit sur le fixe, les revenus issus des lignes fixes des opérateurs ont décliné en moyenne de 2 à 3% par an en raison de la diminution du nombre de lignes fixes : -5,7% par an depuis 2005, du fait de deux facteurs : 1) la substitution de la téléphonie fixe par la téléphonie mobile, par 20% des ménages en moyenne en Europe, et 2) les pertes de part de marché des opérateurs historiques au profit des concurrents utilisant le dégroupage et des câblo-opérateurs.
L’arrivée du « triple-play » change la donne. De plus en plus, les utilisateurs tiennent à conserver leur ligne fixe pour le haut débit ce qui, dans des pays comme le Portugal, la Suède et l’Autriche, a enrayé le déclin des lignes fixes.
Le développement du « triple-play » a également conduit à une consolidation du secteur, notamment en France : acquisitions de Cegetel, AOL et Club Internet par Neuf Telecom racheté par SFR, de Tele2 par SFR, et de Alice par Iliad. Ceci s’est traduit par un redressement du revenu moyen par utilisateur (ARPU), une stabilisation des parts de marché des opérateurs et, in fine, une amélioration de leur rentabilité.
« La diminution du nombre de lignes fixes devrait ralentir ces prochaines années ce qui rend très optimiste sur la valorisation boursière du secteur. Par exemple, un opérateur historique, qui diviserait par deux le rythme de ses pertes de lignes fixes sur 2008-2015, verrait sa valorisation augmenter de 27% » souligne Antoine Pradayrol, analyste financier en charge de l’équipe Opérateurs télécoms chez Exane BNP Paribas.
Le pari du contenu : TV payante et "light premium"
A l’horizon 2015, le chiffre d’affaires réalisé par les opérateurs historiques en Europe dans la télévision payante, la vidéo à la demande (VOD) et la publicité pourrait représenter près de 4 Mds€ soit 7% de leurs revenus actuels (2,7€ mensuel par ligne fixe). Cette évolution permettrait aux opérateurs d’améliorer leur chiffre d’affaires « lignes fixes » de 1% en moyenne par an sur la période 2008-2015 ce qui compenserait en partie la baisse de 2% à 3% par an observée actuellement.
La télévision payante représenterait environ les deux tiers de cette opportunité de croissance, les opérateurs historiques pouvant espérer capter de 10 à 30% des abonnés à la télévision payante selon les pays. En revanche, les marchés encombrés de la VOD et de la publicité, bien qu’en forte expansion, ne représenteraient pour les opérateurs qu’une part plus faible de ce triptyque gagnant.
Investir dans des contenus exclusifs ou « high premium » (offre quasi exhaustive en contenu de première catégorie tel que cinéma et football) serait, selon l’étude Arthur D. Little - Exane BNP Paribas, une stratégie très risquée car la base de clients des opérateurs ne permettra pas d’amortir les coûts très élevés de ces contenus. Les auteurs de l’étude concluent aussi qu’une stratégie visant à coupler contenus « high premium » et accès haut débit pour mieux rentabiliser les contenus a peu d’avenir, notamment au vu de la réglementation restreignant l’exclusivité des contenus comme au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
La solution gagnante serait une stratégie visant à packager du contenu de valeur dit « light premium » (sélection exclusive de contenu à un coût de 15-25% de l’investissement moyen d’une stratégie ‘high-premium’) et à développer des services interactifs autour de ces contenus. Cette stratégie moins capitalistique serait à la fois différenciatrice pour les opérateurs et génératrice d’ARPU.
Comment les opérateurs peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ?
Concurrencés par les acteurs de l’Internet et les équipementiers sur leurs points forts traditionnels (qualité de service, infrastructures de serveurs, richesse de contenus sur tous les supports), « les opérateurs de télécoms doivent nouer des alliances pour développer des services innovants autour du contenu à l’instar de ce que font aux Etats-Unis des câblo-opérateurs comme Comcast ou des acteurs du satellite comme DishTV » précise Franck Herbaux, Directeur Média, Arthur D. Little Paris.
Au travers de partenariats avec les différents acteurs de l’écosystème télécoms-médiatechnologie, les opérateurs ont tous les atouts pour prendre en main le développement de la TV du futur. Sous réserve cependant qu’ils mettent en oeuvre des services faciles d’emploi, innovants et attractifs comme la « catch-up TV » (un système qui permet de revoir des émissions à la demande) ou encore le guide de programme interactif. Il leur faudra également améliorer l’ergonomie et le catalogue de leurs services vidéos, et déployer des plates-formes et des forces de vente pour proposer une publicité ciblée et locale.
Ces alliances peuvent se nouer avec des leaders de l’Internet, des éditeurs de logiciels et des équipementiers comme les fabricants de téléviseurs et de consoles de jeux qui apportent leurs compétences en développement et en ergonomie. Une telle démarche proactive permettra aux opérateurs d’écarter la menace de banalisation de leurs services d’accès.
Moins affectés que les autres secteurs par la crise économique, grâce à leurs revenus récurrents et à leur marge de manoeuvre en termes de coûts et d’investissements, les opérateurs de télécoms présentent pour ces « partenaires experts » des avantages indiscutables : ils apportent l’accès au réseau, la maîtrise de leur box et surtout leur relation de proximité avec l ‘utilisateur issue du service client et de la facturation.
« Paradoxalement, la crise que nous connaissons actuellement offre aux opérateurs le temps de s’organiser car elle ralentira les plans de développement des leaders de l’Internet tout comme ceux des équipementiers » annonce Didier Lévy, Directeur Télécom, Arthur D. Little Paris.
Des disparités locales
L’étude 2009 de Arthur D. Little – Exane BNP Paribas note que les dépenses par foyer en Europe ne sont actuellement que de 50€ par mois dans le « triple-play » (30€ seulement en France), contre 70€ par mois aux Etats-Unis. Dans des pays comme le Portugal ou les Pays- Bas, on devrait assister à une croissance des revenus des lignes fixes pour les opérateurs historiques. « En revanche, la situation est plus difficile en Allemagne et au Royaume-Uni, où les opérateurs de télécoms sont menacés par des câblo-opérateurs ou des opérateurs de diffusion par satellite comme le britannique BSkyB » conclut Antoine Pradayrol.
jeudi 12 mars 2009
jeudi 20 novembre 2008
Quelles données pour justifier Hadopi ?
En avril dernier, la CNIL reprochait au gouvernement de ne pas assez expliquer les motifs qui justifieraient « la création du mécanisme confié à l’HADOPI ». Elle est désormais servie. Annoncée la semaine dernière à coup de dépêches et de chiffres chocs (10 000 emplois perdus à cause de la copie illégale) massivement repris, la fameuse étude (pdf) des cabinets de conseil Equancy et Tera Consultants a été remise aujourd’hui au cabinet de Christine Albanel.
Intitulée Rapport Hadopi - Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France, l’étude multiplie schémas et démonstrations sur les conséquences du piratage. Mais aussi les vérités toute faites et les chiffres tout prêts à être repris dans les discours et autres communiqués. En France, on parlait déjà d’un milliard de fichiers téléchargés en 2007, on pourra maintenant citer les 10 000 emplois (directs et indirects) et 1,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à imputer à la copie illégale. Outre-Atlantique, on parle de la perte de 750 000 emplois et de plus de 200 milliards de dollars, des données récemment contestées par Wired et Ars Technica.

Le rapport tombe à point nommé. L’effet d’annonce s’inscrit une fois de plus dans un calendrier bien ficelé. Sorti le matin même où le SNEP annonçait les résultats du marché du disque, il débarque quelques semaines avant le passage du texte de loi Création et Internet devant l’Assemblée Nationale. Et aussi une semaine avant le vote du Paquet Télécom (et donc de l’Amendement 138) par le Conseil des ministres européens.
On ne détaillera pas ici les failles du rapport (on conseillera pour cela la lecture de l’article fouillé de Fabrice Epelboin dans Read Write Web), pour s’attarder sur deux points.
Si l’étude se déclare indépendante — et « faite pour le compte de personne » comme le rapporte PC Inpact —, plus de 80% des données proviennent des syndicats et lobbys, de l’industrie culturelle et de l’Etat. Soit de l’ALPA, du SNEP, de l’IPI, ou encore du Ministère de la Culture lui-même. Un schéma d’Epelboin repris ci-dessous le résume efficacement. C’est un peu comme si on faisait une étude sur l’impact de la pêche au thon rouge en Méditerranée avec des chiffres fournis par les thoniers marseillais.
L’autre élément — qui ne choquera peut-être pas le parlementaire qui ne maîtrise pas bien le dossier et croit volontiers qu’il faut trois jours pour télécharger un fichier hébergé au Japon — est que ce rapport va à l’encontre de multiples études menées depuis des années par des cabinets et universitaires du monde entier sur le piratage et son impact économique. « La copie illégale (...) induit inévitablement une moindre activité, voire une contraction de l’activité des secteurs qui la subisse », annonce le rapport en introduction de l’étude. Une affirmation qui sert ensuite de fil conducteur.
Pourtant, la plupart des rapports sérieux effectués sur le sujet concluent que le piratage ne nuit pas à la consommation légale de films et de disques. Au contraire, même. On peut par exemple citer une étude commissionnée par le gouvernement canadien qui montrait que les utilisateurs qui téléchargent sont aussi ceux qui dépensent le plus pour des produits culturels.
En conclusion du rapport, on peut lire : « l’enjeu est clair : pour éviter que 10 000 autres emplois soient à nouveau détruits d’ici à 2012, au moment de l’avènement de la “France numérique”, il est indispensable de laisser davantage d’espace économique à de nouveaux modèles innovants en garantissant une rémunération des droits de propriété intellectuelle. » Quand on entend parler de modèle innovant, on pense plutôt à un mécanisme de type licence globale, pas forcément à la riposte graduée et au filtrage des réseaux. On verra bien si c’est l’avis de la ministre.
Intitulée Rapport Hadopi - Impact économique de la copie illégale des biens numérisés en France, l’étude multiplie schémas et démonstrations sur les conséquences du piratage. Mais aussi les vérités toute faites et les chiffres tout prêts à être repris dans les discours et autres communiqués. En France, on parlait déjà d’un milliard de fichiers téléchargés en 2007, on pourra maintenant citer les 10 000 emplois (directs et indirects) et 1,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à imputer à la copie illégale. Outre-Atlantique, on parle de la perte de 750 000 emplois et de plus de 200 milliards de dollars, des données récemment contestées par Wired et Ars Technica.

Le rapport tombe à point nommé. L’effet d’annonce s’inscrit une fois de plus dans un calendrier bien ficelé. Sorti le matin même où le SNEP annonçait les résultats du marché du disque, il débarque quelques semaines avant le passage du texte de loi Création et Internet devant l’Assemblée Nationale. Et aussi une semaine avant le vote du Paquet Télécom (et donc de l’Amendement 138) par le Conseil des ministres européens.
On ne détaillera pas ici les failles du rapport (on conseillera pour cela la lecture de l’article fouillé de Fabrice Epelboin dans Read Write Web), pour s’attarder sur deux points.
Si l’étude se déclare indépendante — et « faite pour le compte de personne » comme le rapporte PC Inpact —, plus de 80% des données proviennent des syndicats et lobbys, de l’industrie culturelle et de l’Etat. Soit de l’ALPA, du SNEP, de l’IPI, ou encore du Ministère de la Culture lui-même. Un schéma d’Epelboin repris ci-dessous le résume efficacement. C’est un peu comme si on faisait une étude sur l’impact de la pêche au thon rouge en Méditerranée avec des chiffres fournis par les thoniers marseillais.
L’autre élément — qui ne choquera peut-être pas le parlementaire qui ne maîtrise pas bien le dossier et croit volontiers qu’il faut trois jours pour télécharger un fichier hébergé au Japon — est que ce rapport va à l’encontre de multiples études menées depuis des années par des cabinets et universitaires du monde entier sur le piratage et son impact économique. « La copie illégale (...) induit inévitablement une moindre activité, voire une contraction de l’activité des secteurs qui la subisse », annonce le rapport en introduction de l’étude. Une affirmation qui sert ensuite de fil conducteur.
Pourtant, la plupart des rapports sérieux effectués sur le sujet concluent que le piratage ne nuit pas à la consommation légale de films et de disques. Au contraire, même. On peut par exemple citer une étude commissionnée par le gouvernement canadien qui montrait que les utilisateurs qui téléchargent sont aussi ceux qui dépensent le plus pour des produits culturels.
En conclusion du rapport, on peut lire : « l’enjeu est clair : pour éviter que 10 000 autres emplois soient à nouveau détruits d’ici à 2012, au moment de l’avènement de la “France numérique”, il est indispensable de laisser davantage d’espace économique à de nouveaux modèles innovants en garantissant une rémunération des droits de propriété intellectuelle. » Quand on entend parler de modèle innovant, on pense plutôt à un mécanisme de type licence globale, pas forcément à la riposte graduée et au filtrage des réseaux. On verra bien si c’est l’avis de la ministre.
jeudi 23 octobre 2008
Free, cheval de Troie de Google ?
Le Plan Numérique 2012 présenté par Eric Besson lundi 20 octobre n’avait rien dit de plus quant à la 4ème licence de téléphonie mobile 3G. Le secrétaire d’Etat à la prospective et à l’économie numérique ne voulait alors « ni imposer, ni exclure » un quelconque candidat à la 4ème licence. 2 jours plus tard, le Canard Enchaîné nous apprenait une toute autre version, celle de la « voix de son maître », qui ne veut pas entendre d’un 4ème opérateur qui ferait de l’ombre à ses protégés Orange, Bouygues et SFR.
C’est évidemment à Free que l’on a pensé dans un premier temps. Free, le candidat malheureux de 2007, à priori à nouveau mis à l’écart du marché de la 3G, à qui l’on demande de revenir toquer à la porte en 2012… D’ici là la 3G aura complètement explosé, et le « nouvel entrant » aura besoin de bien du courage pour casser le jeu à 3 des opérateurs existants.
Cela dit, il me semble que l’on oublie que Free a par deux fois prouvé son incapacité à remplir financièrement les conditions de la 4ème licence (un paiement comptant de 619
millions d’euros). En 2007, c’est la raison pour laquelle le groupe n’a pas obtenu la 4ème licence, alors qu’ils étaient seuls en lice. Cette année encore, Free demande un étalement du paiement. Alors qu’une stratégie de paiement comptant lui aurait peut-être valu plus de faveurs de la part des décideurs publics. Pourquoi persister à jouer la carte de l’indépendance quand celle-ci ne paie pas, ou plus ?
Ceci est d’autant plus étonnant que Free devait avoir dans son jeu des cartes spéciales, comme celle de l’apport financier d’un gros groupe auquel il se serait lié pour le marché de la 3G. C’est Google qui avait été pressenti pour être le trésorier de l’opération il fût un temps, et cette rumeur n’était pas dénué de bon sens.
Les deux groupes se connaissent déjà bien, avec un premier appel du pied de Xavier Niel en 2000 dans le but de racheter aux dirigeants de Google l’exploitation du moteur de recherches en France pour 10 millions de francs.
Google avait par la suite entamé des pourparlers avec Free pour le Wimax. On sait que Free est le détenteur de l’unique licence Wimax Nationale (tandis que Bolloré a 20 licences régionales, et SFR 2 : IDF et PACA), et que Google est déjà présent dans d’autres marchés sur cette technologie. L’idée derrière ce partenariat, pour Free, c’est qu’au cas où la 3G lui échappe, elle ait une 2e possibilité d’installer un réseau d’Internet mobile, avec Google, sur la norme Wimax, Google de son côté y voyant une opportunité de déployer sa stratégie publicitaire et son OS mobile Android. Pourquoi cette carte semble t-elle ne pas ressortir aujourd’hui ?
Et dans le cas où Free réussisse quand même à obtenir un petit lot de la 3G, ils pourraient décider de jouer la complémentarité avec sa licence Wimax pour une couverture optimale. Mais pas sans un apport financier à même de couvrir les frais de développement du Wimax, estimés à un milliard d’euros.
Dans tous les cas, le mythe de Free comme entreprise indépendante et « trublion » semble avoir vécu : le groupe, si son éviction de la 4ème licence est confirmé, aura un besoin impérieux de trouver des partenaires pour développé le Wimax, seule technologie à même de rivaliser avec la 3G, car c’est sur le marché de l’Internet mobile que les prochains profits se réaliseront. Iliad-Free, qui va voir sa manne ADSL se tarir peu à peu, n'a pas le choix. Pour grossir, il faudra s'allier avec un gros, avec les risques que cela peut comporter.
C’est évidemment à Free que l’on a pensé dans un premier temps. Free, le candidat malheureux de 2007, à priori à nouveau mis à l’écart du marché de la 3G, à qui l’on demande de revenir toquer à la porte en 2012… D’ici là la 3G aura complètement explosé, et le « nouvel entrant » aura besoin de bien du courage pour casser le jeu à 3 des opérateurs existants.
Cela dit, il me semble que l’on oublie que Free a par deux fois prouvé son incapacité à remplir financièrement les conditions de la 4ème licence (un paiement comptant de 619
millions d’euros). En 2007, c’est la raison pour laquelle le groupe n’a pas obtenu la 4ème licence, alors qu’ils étaient seuls en lice. Cette année encore, Free demande un étalement du paiement. Alors qu’une stratégie de paiement comptant lui aurait peut-être valu plus de faveurs de la part des décideurs publics. Pourquoi persister à jouer la carte de l’indépendance quand celle-ci ne paie pas, ou plus ?Ceci est d’autant plus étonnant que Free devait avoir dans son jeu des cartes spéciales, comme celle de l’apport financier d’un gros groupe auquel il se serait lié pour le marché de la 3G. C’est Google qui avait été pressenti pour être le trésorier de l’opération il fût un temps, et cette rumeur n’était pas dénué de bon sens.
Les deux groupes se connaissent déjà bien, avec un premier appel du pied de Xavier Niel en 2000 dans le but de racheter aux dirigeants de Google l’exploitation du moteur de recherches en France pour 10 millions de francs.
Google avait par la suite entamé des pourparlers avec Free pour le Wimax. On sait que Free est le détenteur de l’unique licence Wimax Nationale (tandis que Bolloré a 20 licences régionales, et SFR 2 : IDF et PACA), et que Google est déjà présent dans d’autres marchés sur cette technologie. L’idée derrière ce partenariat, pour Free, c’est qu’au cas où la 3G lui échappe, elle ait une 2e possibilité d’installer un réseau d’Internet mobile, avec Google, sur la norme Wimax, Google de son côté y voyant une opportunité de déployer sa stratégie publicitaire et son OS mobile Android. Pourquoi cette carte semble t-elle ne pas ressortir aujourd’hui ?
Et dans le cas où Free réussisse quand même à obtenir un petit lot de la 3G, ils pourraient décider de jouer la complémentarité avec sa licence Wimax pour une couverture optimale. Mais pas sans un apport financier à même de couvrir les frais de développement du Wimax, estimés à un milliard d’euros.
Dans tous les cas, le mythe de Free comme entreprise indépendante et « trublion » semble avoir vécu : le groupe, si son éviction de la 4ème licence est confirmé, aura un besoin impérieux de trouver des partenaires pour développé le Wimax, seule technologie à même de rivaliser avec la 3G, car c’est sur le marché de l’Internet mobile que les prochains profits se réaliseront. Iliad-Free, qui va voir sa manne ADSL se tarir peu à peu, n'a pas le choix. Pour grossir, il faudra s'allier avec un gros, avec les risques que cela peut comporter.
lundi 20 octobre 2008
jeudi 16 octobre 2008
L'histoire sans fin de la 3G est presque finie
Bon, eh bien on dirait que la longue et douloureuse histoire de la 3G est en train de prendre fin... D'après le JDN, reprenant le Figaro, généralement bien informé quand il s'agit des hautes sphères de la politique, Sarkozy annoncera lundi 20 octobre que la 4ème licence 3G sera pour ses chouchous, c'est à dire les 3 opérateurs de téléphonie mobile existants : Orange, Bouygues, et SFR :"Selon un article du "Figaro" paru le 14 octobre, qui cite des sources proches du dossier, le gouvernement privilégierait l'attribution des fréquences par blocs aux trois grands opérateurs, Orange, SFR et Bouygues Telecom. En contrepartie, le gouvernement leur demanderait des engagements en faveur des opérateurs mobiles virtuels (MVNO)."
J'en connais qui vont grincer des dents cette nuit... Free ? Qui doit avoir perdu des derniers espoirs de rentrer dans la cour des grands ? Kertel ? Qui avait annoncé fièrement qu'il voulait cette licence et voulait même la payer rubis sur l'ongle ? Les autres candidats, sui espéraient peut-être entamer l'oligolopole existant ?
Une pensée ironique pour Martin Bouygues qui doit se frotter les mains... après l'arrêt de la pub sur la télé publique, l'arrêt de la crainte d'une concurrence sur la téléphonie mobile.
Bien joué, en tout cas bien mauvaise nouvelle pour un secteur qui avait un besoin criant d'être mis sous tension, et pour nos bourses, qui ne risquent pas d'arrêter de se vider.
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mardi 14 octobre 2008
Le Plan Numérique 2012 : rattraper le retard sera dur
Encore un "Plan", cette fois-ci pour l'économie numérique, avec l'idée de rattraper le retard de la France en la matière, avec seulement 6% du PIB apporté par ce secteur, contre 13% aux USA. Et c'est sans parler des emplois à la clé :
"L'enjeu est d'autant plus crucial que le numérique pourrait permettre, selon les acteurs du secteur, de relancer l'économie française avec un potentiel "d'au moins un demi-point de croissance supplémentaire" et la création de centaines de milliers d'emplois. Un atout non négligeable alors que la France est menacée de récession." (AFP)
Pour ça, il faudrait penser à agiter un peu le cocotier de ce s
ecteur, justement. La bataille de la 3G se transforme lentement mais sûrement en serpent de mer, la concurrence est amorphe, les historiques silencieux sur les sujets qui fâchent, les petits nouveaux trépignent... Je crois que même avec un dessin, l'Etat ne comprend pas que ce sont les structures les plus petites qui sont les plus porteuses de croissance, de dynamisme, et donc d'emploi.Car si la France est souvent présentée comme la nation de l'ADSL, il ne faut pas oublier quelques chiffres qui sont moins reluisants, la faute en partie à une espèce de léthargie globale engendrée par un oligopole de fait :
"Le plan de développement de l'économie numérique vise à atteindre les objectifs fixés par M. Sarkozy en mars: porter d'ici 2010 à 70%, contre 55% actuellement, la part des ménages équipés d'un ordinateur et connecter 99% des Français à l'internet à haut débit avant 2012 (contre 44% fin 2007)." (AFP, toujours)
La fracture numérique est une réalité, et ne pas être connecté représente un véritable handicap, aussi la couverture du territoire doit être un autre aspect important de ce "Plan Numérique 2012", comme le souligne cet article d'AgoraVox :
"Et pourtant, c’est sur Internet que sont diffusés les nouveaux contenus, du divertissement à la science en passant par l’acutalités et la culture. Les médias traditionnels sont en crise, et les innovations technologiques (la 3G, le WiMax, l’ADSL) attirent toujours plus de créateurs de contenus uniquement sur le web. Les médias traditionnels deviennent d’ailleurs de plus en plus des relais des contenus web, et non plus l’inverse : combien de journaux "papiers" citent des sources internet, des blogs, combien se réfèrent à des contenus vidéos diffusés sur YouTube ou DailyMotion ? Internet est clairement devenue un vecteur incontournable de diffusion des contenus."
N'y a plus qu'à croiser les doigts pour que ce "plan" ne soit pas mis en plan, justement.
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vendredi 10 octobre 2008
Prévisions 2009 pour le secteur des télécoms : le fixe va souffrir

C'est une info du Point :
2009 ne sera pas une bonne année pour les équipementiers du secteur des télécoms... avec la crise financière qui mute progressivement en bonne vieille crise économique, les achats sont à la baisse et les équipementiers du secteur vont avoir du mal à revendre leur stock... et vont donc contenir leurs investissements un certain temps.
Première victime, et c'est un signe de la maturité du marché de la téléphonie mobile, en somme, c'est le téléphone fixe qui serait le premier "abandonné" par les utilisateurs, au profit du portable. Dans le cas où un ménage posséderait les deux, l'économie se fera du côté du fixe, selon une étude Nielsen citée par Le Point.
"Il semble que ce soit le fixe qui soit le plus touché et cela pourrait accélérer la baisse du parc téléphonique (fixe) aux Etats-Unis qui, selon la plupart des acteurs va encore baisser de 5% cette année" souligne Yves Gassot du cabinet d'études Idate.
Mais la téléphonie mobile ne sera pas non plus épargné, l'ARPU baissera également.
2009 ne sera pas une bonne année pour les équipementiers du secteur des télécoms... avec la crise financière qui mute progressivement en bonne vieille crise économique, les achats sont à la baisse et les équipementiers du secteur vont avoir du mal à revendre leur stock... et vont donc contenir leurs investissements un certain temps.
Première victime, et c'est un signe de la maturité du marché de la téléphonie mobile, en somme, c'est le téléphone fixe qui serait le premier "abandonné" par les utilisateurs, au profit du portable. Dans le cas où un ménage posséderait les deux, l'économie se fera du côté du fixe, selon une étude Nielsen citée par Le Point.
"Il semble que ce soit le fixe qui soit le plus touché et cela pourrait accélérer la baisse du parc téléphonique (fixe) aux Etats-Unis qui, selon la plupart des acteurs va encore baisser de 5% cette année" souligne Yves Gassot du cabinet d'études Idate.
Mais la téléphonie mobile ne sera pas non plus épargné, l'ARPU baissera également.
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